Face aux exécutions massives réalisées par l'#Etat Islamique, les chrétiens d'Irak sont menacés et pourchassés. La situation est dramatique pour eux. Comme le confirme l'archevêque latin de Bagdad, Jean-Benjamin Sleiman. « Après l'entrée de l'Etat islamique en Irak, les périls ont été multipliés par dix, voire par cent. Les chrétiens ont échappé à cette situation car ils ont préféré quitter le village. C'est un peu la mort ou la conversion », a expliqué l'archevêque, lors de son passage en France. Il pointe un gros problème d'identité politique en Irak. « Dans le même texte constitutionnel, il y a trois identités nationales : les sunnites, les chiites et les kurdes. Il faut respecter les différences et le pays peut vivre uni. Mais la constitution ne règle pas les problèmes entre les provinces autonomes et l'Etat central », explique l'homme d'église.

Daesh a peut-être d'autres objectifs

L'arrivée de Daesh a donc entraîné le départ des chrétiens. « Les églises et les couvents sont vides. Et les chrétiens qui quittent l'Irak ne reviennent plus ». Quand il est interrogé sur Daesh, l'archevêque explique ne pas tout comprendre de ce groupe. « Je ne sais pas grand-chose. Mais de la façon dont il se comporte et utilise les nouvelles technologies et les nouveaux moyens de communication, je me demande si ce groupe n'a pas été créé. Il se présente comme islamique mais n'a-t-il pas d'autres objectifs ? J'ai beaucoup de soupçons mais très peu de réponses ». Pour lui, l'Occident agit mais pourrait encore faire plus. « Mais les problèmes de Daesh ne concernent pas que l'Irak et la minorité chrétienne. En France, on a parlé que de ça pendant un mois. L'Italie a aussi eu ses problèmes à partir de la Libye. C'est un problème qui déborde de l'Irak et de la Syrie ».

Y aurait-il une certaine nostalgie de l'époque de Saddam Hussein ? Y avait-il vraiment moins de danger à cette période par rapport à l'Etat islamique actuel ? « On disait peut-être qu'on vivait mieux quand on vivait pire. Les sunnites ont aussi reproché aux chrétiens de ne pas être reconnaissants par rapport à Saddam. S'il y a un soutien des chrétiens pour Assad en Syrie ? Sommes-nous vraiment libres avec le Parti Baas ? Les chrétiens de Syrie ne soutiennent pas plus le régime que les autres », précise Jean-Benjamin Sleiman. Plutôt pessimiste quant à l'avenir de la chrétienté en Orient. « Humainement parlant, je n'ai plus trop confiance en cet avenir. Mais le dernier mot de l'histoire n'est pas aux hommes même s'ils sont forts », conclut l'archevêque. #catholique