On aurait pu croire qu'en 2015, notre société moderne prompte au développement et à l'égalité entre tous aurait gommé depuis longtemps les inégalités salariales entre un homme et une femme. Que nenni! Contrairement à la pensée générale ("Si une femme est moins payée, c'est parce qu'elle ne fait pas un temps-plein", "Il faut bien récupérer l'argent dépensé pour les congés de maternité"), pour un même poste occupé au même type de contrat, une femme est presque toujours moins payée que son collègue masculin.

Les chiffres publiés en février dernier ont de quoi être interpellants. Selon l'Eurostat, la moyenne de l'écart salarial en Union Européenne était de 16,8%. Un chiffre effrayant, et qui ne doit pas son importance uniquement aux pays plus pauvres. Certes, la Lettonie bat tous les records avec un écart moyen de 29,9%, mais suivent de très près l'Autriche et... l'Allemagne, pourtant dirigée par une femme à la poigne de fer. Autre surprise: les pays très développés et souvent enviés pour leur politique d'ouverture comme le Danemark, la Suède et la Norvège accusent tous une moyenne supérieure à nous, la France. Il n'y a pour autant pas de quoi être fier: selon une étude de l'APEC (Association pour l'emploi des cadres), les Françaises gagnent en moyenne 8,5 fois moins que leurs confrères. Pour la Belgique, l'écart s'élève encore à 9,8%.

Un mince espoir

À la surprise générale, ce sont les pays du sud et de l'est qui ont compris l'importance de l'égalité homme-femme. La Slovénie fait ainsi figure de premier élève avec une moyenne de seulement 3,2%, suivie par Malte, la Pologne, l'Italie et la Croatie. De quoi faire réfléchir nos politiciens qui se croient toujours plus malins que les autres...

L'Eurostat se veut néanmoins encourageant. La moyenne européenne a baissé de quelques points depuis 2008. Mais pas partout: si certains pays font des efforts, comme la Belgique, d'autres comme le Portugal voient leur situation s'aggraver et l'écart salarial semble bien parti pour se creuser davantage. #Femmes #Journée de la femme