Le français ne s'est jamais aussi bien porté qu'en 2015 : aujourd'hui, plus de 274 millions d'êtres humains répartis sur l'ensemble de la planète le parlent. Et la concurrence de l'anglais et du mandarin ne risque pas de faire de l'ombre à notre chère langue de Molière puisque selon les experts de l'Organisation Internationale de la Francophonie, nous serons 500 millions à parler français à l'horizon de 2050. De quoi dès à présent le mettre à l'honneur et le préserver, notamment grâce à cette semaine consacrée à la langue française qui débute aujourd'hui, pour se prolonger jusqu'au 22 mars.

Le français, symbole de l'union

C'est à Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, que revenait la tâche de lancer les festivités de cette semaine. Lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi 11 mars, la ministre s'est fendue d'un discours éloquent sur l'état du français dans nos contrées. Le message était clair : si la langue est plus que jamais respectée à l'intérieur des pays francophones comme à l'étranger, il est plus que temps de mettre le français en avant pour unifier les francophones. "Au lendemain des terribles événements de janvier, dans notre contexte de profond malaise social et démocratique et alors que nous devons plus que jamais renforcer la citoyenneté, faire vivre les promesses de la République, la langue française, vecteur de lien social, creuset de citoyenneté et enjeu majeur dans la lutte contre les inégalités, est au cœur des priorités du Gouvernement", a-t-elle déclaré devant un parterre de personnalités sachant jongler avec les mots comme l'écrivain haïtien Dany Laferrière, l'humoriste belge Stéphane De Groodt, ou encore Mathieu Saikaly, gagnant de la précédente édition de la « Nouvelle Star ».

Fleur Pellerin a ainsi insisté sur le fait que le français doit sans cesse évoluer, quitte à s'inspirer des autres langues pour rester ancré dans notre époque. "Une langue ne se construit pas en dehors des liens que nouent leurs locuteurs. Les échanges économiques, culturels, scientifiques, touristiques ont une grande influence sur notre langue, qui s'est toujours enrichie d'apports divers issus du grec, de l'italien, de l'arabe, de l'espagnol, de l'allemand ou de l'anglais. Il faut tout faire pour maintenir la capacité du français à exprimer les réalités contemporaines et à rester compétitive dans tous les champs de la connaissance : c'est en ce sens que nous avons modernisé le dispositif d'enrichissement de la langue française", a-t-elle martelé tout au long de cette conférence.

« La maîtrise de la langue doit redevenir une exigence nationale »

Et modernisé, le dispositif d'enrichissement de la langue française l'est bien : depuis quelques temps, pas une semaine ne passe sans que l'un ou l'autre ministre ne fasse une annonce pour promouvoir une nouvelle loi ou système créé à l'intention de la langue française. Le 6 mars dernier, le Premier ministre a dévoilé la création d'une agence de la langue française, rien que ça. "L'une des grandes priorités de cette deuxième partie du quinquennat de François Hollande (…), c'est la maîtrise du français. Il y a une inégalité majeure entre les élèves qui maîtrisent le français et ceux qui ne le maîtrisent pas. (…) Cette question de la langue française, nous l'avons trop délaissée. (…) La maîtrise de la langue doit redevenir une exigence nationale. Ce sera la mission de la nouvelle agence de la langue française que nous allons créer", a déclaré Manuel Valls.

Un discours qui résonne comme celui que prononçait il y a tout juste vingt ans le prédécesseur de Fleur Pellerin, Jacques Toubon, qui avait fait adopter cette loi très controversée qui stipulait que toute affiche, annonce ou inscription apposée sur la voie publique devait l'être en français. Mais qu'on ne se trompe pas: si autrefois la langue de Molière était plutôt synonyme de fermeture aux autres, les politiciens sont aujourd'hui tous d'accord sur un point: celui d'utiliser le français à notre avantage pour s'ouvrir à l'international.

La francophonie en fête

Pour l'heure, point d'interdictions ou de lois promouvant contre vents et marées le français. La langue de Molière est en fête pour cette 20ème édition de cette semaine culturelle, où plus de 1500 événements ont été mis sur pieds à travers la France, mais également en Wallonie, en Suisse francophone et au Québec. Des spectacles, des expositions, des ateliers d'écriture, des musées, des bibliothèques… Les amoureux du beau parlé et du bien écrit auront le choix, toute cette semaine, pour rendre hommage à notre langue. Pour l'occasion, les médias français seront également sur le pied de guerre pour intégrer à leur programme quotidien de ce lundi 16 mars des émissions consacrées au sujet. Un sujet qui, cette année, s'intéresse plus particulièrement aux mots étrangers incorporés dans le français : « sorbet », « pyjama », « tulipe »… Sous leurs airs francophones, ces mots proviennent pourtant de l'arabe, du truc et du perse ! Comme quoi, la langue française a encore de quoi étonner...