"Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, cette société là, on n'en veut pas". Ce slogan a résonné un peu partout France ce mardi 17 mars, à l'occasion de l'appel de la plupart des organisations syndicales de retraités, à l'exception de la CFDT. Plusieurs milliers de retraités sont venus manifester pour demander l'augmentation de leur pension et l'amélioration de leur pouvoir d'achat. Les cortèges ont rassemblé près de 1.000 personnes à Marseille, 650 à Lyon, un peu moins de 500 à Bordeaux, Nantes ou Toulouse. À Paris, entre la place Léon Blum et le Ministère des Finances à Bercy, ils étaient près de 2 000 à faire entendre leurs voix : "Ma #Retraite, ça ne va pas du tout. Le blocage de la retraite depuis deux-trois ans, et les impôts supplémentaires que nous avons à payer, nous obligent à descendre dans la rue", peste Hélène, 69 ans, retraitée de la métallurgie. Depuis le 1er avril 2013 en effet, les pensions de retraite n'ont connu aucune revalorisation alors que, selon les organisations syndicales, le pouvoir d'achat des retraités baisse depuis des années du fait de l'augmentation constante des dépenses contraintes et des multiples mesures fiscales (disparition de la demi-part parent isolé, fiscalisation de la majoration pour 3 enfants ou encore augmentation de la TVA par exemple). Une baisse du pouvoir d'achat néanmoins limitée, du fait du faible taux d'inflation enregistré en France ces derniers mois.


Le quotidien n'est plus le même


Dans les rangs, Jacques, 73 ans, concède que l'inflation est faible, mais pointe du doigt les nouvelles dépenses auxquelles doivent se plier les retraités : "Il y a beaucoup de choses qui augmentent, des choses indispensables, comme le loyer ou les frais liés à l'énergie". Hélène estime de son côté que "les personnes qui sont en retraite depuis 20 ans, ont 20 à 25% de moins, sans compter que les mutuelles coûtent 180 à 200 euros par mois pour un couple. Et tous les retraités ne sont pas propriétaires, j'ai un loyer de 700 euros. Je suis maman de trois enfants, j'avais un abattement de 10% qui est désormais fiscalisé. Au final, les gens perdent la redevance télé, les APL, un tas de choses". Même son de cloche du côté de Jacques : "Je suis passé de 150 euros d'impôts à plus de 1 000 maintenant. J'ai perdu l'avantage de la carte de transport quasi gratuite que j'avais. Chaque mois, ça veut dire 180 euros en moins, donc les voyages, par exemple, j'ai fait une croix dessus". Au bout du compte, le quotidien n'est plus le même : "On ne va pas dire bien sûr qu'on ne mange plus, mais il faut faire un peu plus attention tous les jours. On oublie les petits restos, on ne va plus au cinéma, et je suis loin d'être la plus à plaindre", précise Hélène. François Thiery-Cherrier, Secrétaire Général de l'Union Confédérale des Retraités CGT abonde dans le même sens : "Dans le quotidien, on note que 5% de nos adhérents n'ont plus de complémentaire santé, ils ne peuvent plus se la payer. Ce sont des choix entre nourriture, logement et soins. Il y a un quart des retraités qui n'a plus de loisir. Ils n'accèdent pas à la culture par exemple. La grande masse des retraités se restreint sur tout un tas de choses". L'augmentation de la retraite, prévue en octobre dernier, a été repoussée à la fin de l'année, mais le patronat, de son côté, propose de geler les pensions jusqu'en 2018.


De plus en plus de précarité


"On est les sans dents, on a les crocs", pouvait-on également entendre dans le cortège. Un trait d'humour pour dénoncer la précarité grandissante de certains retraités. Toujours selon les syndicats, 7 % des retraités de 60 à 69 ans occupaient un emploi en 2012, un chiffre qui a doublé depuis 2006. La moitié d'entre eux y sont contraints par le montant insuffisant de leur pension. "On a 10% de la population des retraités qui vit en dessous du seuil de pauvreté en France. On est inquiet pour l'avenir. Beaucoup de pays en Europe ont pris des coupes drastiques d'un seul coup, comme en Grèce, en Espagne ou en Italie. Nous, on arrive au même résultat avec des petites mesurettes, qui misent bout à bout, nous mettent dans la même situation". #Crise économique


Outre les pensions, les retraités demandent la mise en oeuvre dès cette année de la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement, débattue au Sénat depuis ce mardi. Ils réclament également un renforcement des services publics de santé. Au même moment, Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé, et des Droits des Femmes, déclarait à l'Assemblée nationale que le #Gouvernement avait "pris des mesures" pour le pouvoir d'achat des personnes âgées, prévoyant notamment une revalorisation du minimum vieillesse et une prime exceptionnelle de 40 euros pour les revenus les plus faibles.