Blasting News : Pourquoi avez-vous tenu à participer à la manifestation des retraités ce mardi ?

Philippe Martinez : Ma présence, c'est pour soutenir la mobilisation unitaire des organisations syndicales de retraités, qui viennent défendre leur pouvoir d'achat, puisque le #Gouvernement et le MEDEF viennent d'annoncer un nouveau gel des pensions. Et en même temps combattre les projets de loi, notamment sur la réforme Agirc Arrco qui va faire en sorte qu'alors qu'ils ont cotisé toute leur vie, des salariés vont avoir de nouveau des prélèvements sur leur pension pour financer leur #Retraite.

BN : Qu'est-ce qui a changé, concrètement, dans le quotidien des retraités ces dernières années ?

PM : De plus en plus, ils voient leurs revenus baisser. Ils sont souvent présentés comme des nantis alors qu'il faut savoir que les pensions sont très basses, notamment pour les femmes puisque beaucoup d'entre elles se retrouvent à la limite du seuil de pauvreté rien qu'avec leur pension.

BN : Qu'en est-il du pouvoir d'achat des retraités ?

PM : Leurs pensions sont gelées, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas d'augmentation de leurs revenus, et en plus, on parle de les prélever. Pour certains, ils ont cotisé quarante ans pour pouvoir financer leur retraite, puisque notre système est basé sur la répartition et les solidarité. Les actifs cotisent pour les retraites, et les retraités vont eux aussi devoir continuer, et c'est absolument scandaleux.

BN : Combien de retraités vivent aujourd'hui dans la précarité ?

PM : Je n'ai pas de chiffres exacts, mais je pense aux femmes qui pour beaucoup d'entre elles sont à la limite du seuil de pauvreté, avec des moyennes de pension largement inférieures à 800 euros, ce qui est une nouvelle fois absolument scandaleux.

BN : Quelles sont vos revendications aujourd'hui ?

PM : Il faut faire agir la solidarité. Le meilleur moyen de financer les retraites, c'est premièrement qu'il y ait plus de monde qui travaille. Il y a cinq millions de chômeurs. Si tous ces chômeurs privés d'emplois étaient au travail, et bien on peut imaginer les recettes que ça ferait. Puis la meilleure façon d'augmenter les cotisations, c'est d'augmenter les salaires. C'est automatique, pour les salariés, mais aussi pour le patronat qui bénéficie de beaucoup d'exonération de cotisations.

BN : Êtes-vous inquiet pour ces retraités ?

PM : On est inquiet pour l'ensemble de la société, mais il y a évidemment beaucoup de retraités en situation de précarité. C'est pour ça qu'il y a besoin de mobilisation, aujourd'hui. Et on se retrouvera tous le 9 avril prochain dans la rue, actifs, retraités, privés d'emploi, dans le cadre de la manifestation nationale à l'appel de quatre organisations syndicales.