Le vol 9525 de la compagnie allemande low cost Germanwings décolle de Barcelone à 10h locales. Alors qu'il devait rejoindre la ville de Düsseldorf, l'avion s'écrase peu avaant 11h dans le massif des Trois-Évêchés des Alpes françaises. À son bord, 144 passagers : 67 Allemands, dont 16 adolescents de retour d'une semaine d'échange scolaire, et 45 Espagnols, ainsi que six membres de l'équipage. Selon les premières sources, l'avion se met en descente à une vitesse moyenne de 3500 pieds par minute à partir de 10h31 avant de s'écraser huit minutes plus tard entre les villes de Digne et de Barcelonette. La DACG, la direction générale de l'#Aviation civile, indique que "le contrôle aérien a déclaré l'état de détresse à 10 h 47 locales suite à la perte de contact simultanée radio et radar". Les premiers éléments indiquent que pendant ces huit minutes, l'appareil a parcouru 130 kilomètres sans changer de cap ni de trajectoire, mais qu'il a régulièrement perdu de l'altitude, à raison de 1 000m par minute. Une anomalie dans la verticalité de l'avion et des circonstances pour le moment difficiles à expliquer, mais qui tendent à montrer que quelque chose s'est produit à 10h31. Il n'y aurait par ailleurs eu aucun appel de détresse, ni aucun contact entre le cockpit et le centre de contrôle de la navigation aérienne d'Aix-en-Provence. Très rapidement, le constat est dressé : il y a peu de chance de retrouver des survivants. La scène du drame, en pleine montagne, est difficile d'accès, mais les premiers témoins sur place constatent que l'avion a été réduit en miette : les morceaux de la carcasse du vol 9525 s'étendraient sur plus de 20 000m2.

Une émotion vive à travers l'Europe

Ironie du calendrier, le Roi d'Espagne Felipe VI est en visite en France. Depuis l'Élysée, il s'est exprimé peu après le drame : "Nous voulons tous exprimer, la reine, le président Hollande et moi-même nos plus sincères condoléances, de tout notre cœur aux familles qui ont perdu leurs proches aujourd'hui. Nos condoléances, nos pensées, vont aussi aux autorités allemandes et turques pour les personnes décédées aujourd'hui". Le chef de l'État français est lui aussi revenu sur la catastrophe dans une allocution télévisée : "Je veux d'abord exprimer aux familles qui viennent d'être touchées par ce drame qui s'est produit en France, toute notre solidarité. C'est une tragédie, un nouvelle tragédie aérienne, et nous aurons aussi à connaître toutes les causes de ce qui s'est produit. C'est un deuil que nous devons éprouver parce que c'est une tragédie qui s'est produite sur notre sol". La chancelière allemande, Angela Merkel, très émue, a parlé d'une "nouvelle bouleversante, un choc qui nous plonge dans une profonde tristesse". Tous les trois doivent se rendre sur place ce mercredi. Un deuil de trois jours a été décrété dans la péninsule ibérique.

Une boîte noire retrouvée

Le Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, arrivé sur place, a indiqué qu'une "boîte noire" avait été "retrouvée" et qu'elle allait être "transmise aux services d'enquête" afin de faire au plus vite la lumière sur les conditions encore floues de l'accident. Sur place, plus de 300 gendarmes et près de 400 sapeurs-pompiers ont été mobilisé malgré les difficultés rencontrées pour accéder aux lieux du crash, et une enquête a été ouverte par le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile. À la tombée de la nuit, les hélicoptères des secours ont cessé de survoler la zone dans laquelle l'Airbus s'est crashé mais les opérations ont cessé sur les lieux du drame même si des militaires restaient mobilisés pour sécuriser la zone. Si jusqu'à présent, aucune hypothèse n'a été écartée, la thèse de l'accident reste privilégiée.