A chaque crash, ses enseignements. Dans le secteur de l'arien, après un accident - mortel ou non - l'analyse des causes et des circonstances permet de faire évoluer les normes de sécurité. L'objectif est d'améliorer en permanence la sécurité en vol pour éviter que ce type de drame ne se reproduise dans le futur.

Sur ce point, le crash du vol 4U9525 de Germanwings mardi 24 mars 2015 dans les Alpes-de-Haute-Provence, ne déroge pas à la règle. Alors que le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) continue son travail sur la boîte noire retrouvée et n'a pas encore publié ses conclusions, les compagnies aériennes prennent déjà des mesures.

Elles sont nombreuses à annoncer, depuis la fin de semaine dernière, que la présence systématique d'au moins deux membres d'équipage dans leurs cockpits est désormais obligatoire. Une mesure déjà en place aux États-Unis et désormais appliquée, en Europe, par EasyJet, Norwegian, Icelandair, Aigle Azur, Air France, KLM Ukraine International Airlines et bien d'autres. Des transporteurs non-européens s'y mettent également. C'est le cas notamment du canadien WestJet.

Du côté des autorités, le gouvernement australien vient d'annoncer, à son tour, qu'il a décidé d'imposer la présence en continu de deux personnes, au minimum dans la cabine de pilotage pendant les vols.

Mesure efficace ?

Au niveau européen, l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) l'a recommandé dans un bulletin d'information de sécurité (BIS) publié et diffusé vendredi 27 mars 2015.

Le conseil de l'EASA comporte, toutefois, une subtilité. L'agence demande l'étude de la mise en place de cette procédure ou de garantir un niveau de sécurité équivalent. En effet, la présence d'un steward ou d'une hôtesse dans le cockpit en cas de l'absence de l'un des deux pilotes n'est pas forcément la meilleure solution.

Elle peut tout à fait ne pas être suffisante pour empêcher un délire meurtrier, comme le souligne Christophe Hardin, ancien personnel navigant commercial, chroniqueur sur le site spécialisé TourMaG.com.

Il estime que les choses doivent évoluer « en amont ». Pour cela, la meilleure idée semble évidemment d'inciter les pilotes à prendre leurs précautions avant l'embarquement pour éviter d'avoir à se rendre aux toilettes, par exemple, pendant le vol, quand cela est possible. Cela paraît tout à fait possible pour des liaisons court ou moyen-courrier de deux ou trois heures. Encore faut-il leur accorder le temps nécessaire pour le faire !

Les décisions, à chaud, des compagnies aériennes répondent clairement à une urgence médiatique. Face à l'ampleur de la couverture du drame de Germanwings, elles se sont senties obligées de réagir vite pour éviter qu'on leur reproche de ne rien faire.

Mais il faut désormais attendre de connaître les causes et les circonstances du crash. C'est alors que les pistes les plus efficaces pourront être mises en place pour réellement empêcher un autre coup de folie de ce genre. #Aviation