BLASTING NEWS : Avez-vous constaté une hausse des violences envers les policiers au cours des derniers mois ?

Christophe Crépin : Malheureusement, il faut reconnaitre que les effectifs de police sont pris en exutoire. Le personnel est de plus en plus pris pour cible. On l’a vu lors du déplacement de Manuel Valls à Marseille, par exemple. Aujourd’hui, dès qu’une personnalité se déplace accompagnée des forces de l’ordre, elle sème le trouble. Les jeunes n’ont plus peur, ils ne s’enferment pas, ils sortent et tirent directement sur les policiers.

BLASTING NEWS : Dans quel contexte surviennent ces violences ? Quelles formes prennent-elles ?

Christophe Crépin : Il est très important de faire la distinction entre deux types de violence. Tout d’abord, il y a la violence rencontrée lors d’un contrôle routier, par exemple. Un automobiliste peut être aigri parce qu’il a passé une mauvaise journée et qu’il se fait arrêter pour absence du port de la ceinture de sécurité. Il peut arriver qu’il devienne violent, ce qui est intolérable, certes, mais ce type d’incivilité est bien différent de ce qui se passe dans les banlieues, pour reprendre cet exemple.

Depuis quelque temps, il y a un nouveau sentiment à l’égard des forces de l’ordre. Lorsque les policiers arrivent dans une cité, ils dérangent forcément car ils dérangent des trafics. Certains résidents considèrent les banlieues comme leurs points forts et souhaitent le faire comprendre aux forces de l’ordre en utilisant leurs armes. Ils s’imaginent qu’en agissant de cette manière, les policiers ne viendront plus dans les banlieues.

Cette nouvelle forme de violence systématique dans les cités est extrêmement dangereuse. On fait face à des gens qui n’ont pas peur du face à face, qui tendent des embuscades et n’hésitent pas à tirer.

BLASTING NEWS : Justement, l’opinion publique a tendance à penser que les policiers n’osent plus pénétrer dans les cités. Vrai ou faux ?

Christophe Crépin : Totalement faux. Nous rentrons toujours dans les cités. Nous intégrons le risque mais nous n’abandonnons pas le terrain. Nous rentrons en force pour ramener la paix sociale. Nous sommes vraiment des gardiens de la paix sociale.

BLASTING NEWS : La formation des fonctionnaires prend-elle en charge cette nouvelle forme de violence ?

Christophe Crépin : Bien sûr ! Aujourd’hui on entre dans les banlieues avec une nouvelle méthodologie, avec du renfort. Nos équipes ne se déplacent plus avec un seul véhicule. Sur le terrain, les policiers font attention à ne pas se faire caillasser, à ne pas recevoir de cuisine ou de salle-de-bain sur la tête. Par ailleurs, ils ont fini par intégrer le principe de se faire insulter. Ils ne relèvent plus toutes les insultes et les menaces verbales du quotidien.