La fin du délai de réflexion de 7 jours

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les députés ont voté en première lecture à l'Assemblée nationale la suppression du délai de réflexion de 7 jours qui est actuellement imposé aux #Femmes qui souhaitent se faire avorter en France. Le parcours est aujourd'hui plutôt difficile : après le premier rendez-vous médical, il faut attendre 7 jours, reprendre rendez-vous et revenir pour pouvoir faire pratiquer cette intervention. Le but étant pour le corps médical de s'assurer que la patiente a sagement réfléchit aux conséquences de sa décision. Une épreuve qui rallonge le parcours et qui est souvent mal vécue par les principales intéressées.

Si ce délai de réflexion est jugé infantilisant par les militant(e)s pour les droits des femmes, il est considéré comme un garde-fou nécessaire aux dérives les plus lubriques pour une frange politique à droite de la droite, pour l'Eglise et pour les ultra-catholiques, qui exposent leurs idées au grand jour et sans complexe depuis la « Manif pour tous » qui avait surmédiatisé le mouvement. La proposition du député Jacques Bompard (ex FN) d'allonger ce délai à un mois pour que la mère prenne conscience « en lui faisant écouter le cœur de son bébé » est à hauteur des crispations les plus radicales autour du principe de la femme à disposer de son corps librement.

Préconisé dans un rapport présenté par la présidente de la délégation de l'Assemblée aux Droits des femmes, Catherine Coutelle et la député PS Catherine Quéré, la fin de cette obligation est une vraie « avancée » pour les féministes car elle permet de faire sauter l'un des « freins à l'interruption volontaire de grossesse » et de ne plus considérer la femme comme une éternelle mineure qui ne sait pas ce qu'elle veut.

IVG médicamenteuses par les sages-femmes

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'Assemblée nationale a adopté un autre article du grand projet de #Loi sur la Santé de Marisol Touraine qui va dans le même sens et qui vise à faciliter l'accès à l'interruption volontaire de grossesse : la possibilité pour les sages-femmes de pratiquer elles-mêmes des IGV médicamenteuses, en maisons de santé et en centres départementaux de planification. Un grand pas en avant pour la liberté des femmes puisque cette mesure permettra de leur offrir d'autres interlocuteurs que les médecins habituels et de contourner les délais souvent trop long de prise en charge par les médecins.

Par ailleurs, ces dix dernières années, "la moitié des services pratiquant l'IVG dans les cliniques privées ont fermé en dix ans", comme le rappelle Catherine Coutelle.

Alors que les féministes des deux sexes fêtent cette année les 40 ans de la Loi Veil du 17 janvier 1975, qui avait légalisé l'avortement et fait avancer le droit des femmes avec courage et détermination, il était nécessaire de faire évoluer cette loi et de l'adapter à une société toujours en mouvement.

Au regard des réactions qui s'opposent à ces articles de loi et face au recul inquiétant des droits des femmes en Europe, notamment autour de la question sensible de l'avortement, il est évident que les combats mené en France par l'Assemblée aux Droits des femmes est plus que jamais nécessaire.