Depuis le 1er avril plusieurs personnes font l'objet d'expulsion et se retrouvent du jour au lendemain sans domicile, parfois avec des jeunes enfants. Depuis près d'une semaine, environ une centaine de mal-logés sont postés place de la République sous une grande bâche en guise d'abri de fortune.

Ce campement qui investit fréquemment la place de la République depuis maintenant plusieurs années est mis en place par le DAL (Droit Au Logement). Des célibataires, des familles entières ou bien des mineurs à la rue sont présent et dorment dans ce campement en attendant un logement d'urgence ou un logement stable. Dans son 20e rapport sur le mal-logement, la Fondation Abbé-Pierre comptait près de 700 000 personnes privées de domicile personnel et 2,7 millions de personnes vivant dans des conditions de logement très difficiles.

Rassemblement

Dès l'entrée dans cette grande bâche, on voit les gens se dépêcher pour prendre une place de couchage et poser leurs matelas, couvertures et autres affaires pour un SDI (séjour à durée indéterminé).

Malika adhérente du DAL et présente au campement s'indigne du manque d'écoute des sans abris et sans logis : « Ce n'est pas normal qu'on se retrouve sans logement ou mal logés et qu'on soit obligé de camper ici, ce n'est pas normal que des mineurs soient dans la rue et qu'il ne trouvent pas d'aide comme ce jeune adolescent africain qui s'est retrouvé dans une situation précaire, sans logement et lorsqu'il s'est rendu chez l'assistante sociale, elle ne l'a pas aidé. Quelques jours plus tard il a perdu un œil dans la rue. »

Revendications

Ce que revendique le DAL, c'est le respect de l'engagement de relogement après une période de 6 mois maximum après acceptation du dossier. Le DAL, qui a d'ores et déjà sollicité des rendez-vous avec la mairie de Paris et le ministère du Logement, compte maintenir ce campement tant que ses occupants n'auront pas obtenu de solutions de relogement.

L'an dernier, le DAL avait installé son campement sur la place de la République et ce pendant plusieurs semaines, il sont restés là dans la pluie et le froid jusqu'à obtention de gain de cause. Il avait ensuite obtenu plusieurs centaines de logement.

Le campement n'a toujours pas été expulsé par la ville de Paris. Les militants attendent toujours dans l'espoir d'une signature d'un accord de relogement.