De la première femme maire en 1945 à la première femme maire de Paris en 2014, 70 ans de combats ont fait avancer la place des #Femmes dans la société française. Cependant, si l'idée d'une égalité de chances et de droits pour les deux sexes a fait son chemin, l'égalité de fait reste loin d'être acquise.

Le 21 avril 1944, les Françaises deviennent enfin des citoyennes à part entière en obtenant le droit de voter et d'être élues. Le 29 avril 1945, les femmes votent pour la première fois aux municipales et 33 femmes sur 586 députés entrent à l'Assemblée nationale. Léa Dubreuil, 27 ans en 1945, se souvient : « C'était une grande joie et aussi une fierté de pouvoir enfin participer à la vie du pays » car « on n'allait pas voter, on accomplissait notre devoir de citoyenne ». Et d'ajouter « c'était un juste retour des choses. Les femmes avaient remplacé leurs maris pendant la guerre ». Le préambule de la constitution de 1946 entérine ce principe d'égalité des droits dans la vie politique. Le Code civil napoléonien ayant instauré la subordination privée de la femme, il faudra pourtant attendre les années soixante-dix pour que l'égalité civile soit complètement acquise. Mais l'émancipation est en marche. Les femmes luttent aussi pour l'égalité de l'emploi. Ce travail qu'elles ne peuvent exercer sans le consentement de leur mari jusqu'en 1965. Léa Dubreuil s'insurge : « Ce qui m'énervait profondément, c'était d'entendre que les femmes ne savaient s'occuper que des enfants. Je ne pouvais même pas ouvrir un compte en banque toute seule. Il m'a fallu une autorisation de mon mari alors que je tenais une quincaillerie inscrite au registre du commerce ».

L'accès aux études et la révolution sexuelle vont cependant bouleverser la place des femmes dans le monde du travail. La pilule contraceptive légalisée en 1967 puis la #Loi Veil autorisant l'IVG en 1975 permettent aux femmes de maîtriser leur fécondité et de choisir librement entre vie active et vie familiale. Les femmes gagnent en autonomie et un nouveau slogan apparait : à travail égal, salaire égal. 1972 inscrit l'égalité de rémunération dans la loi. Sur le papier, les femmes s'affirment : discriminations sexuelles à l'embauche sanctionnées dès 1975, loi sur l'égalité professionnelle en 1983 ou loi de 2006 sur le devoir d'égalité salariale. A l'aube du XXIe siècle, le débat public porte sur le principe de parité en politique. L'idée d'une incitation législative fait son chemin et la France est le premier pays à adopter, en 2000, une loi contraignant les partis politiques à présenter autant de femmes que d'hommes aux scrutins. En 2008, la Constitution inscrit l'égal accès des deux sexes aux mandats électoraux ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales. Voilà qui facilite, en 2011, l'adoption d'une loi instaurant des quotas féminins au sein des comités de direction des sociétés cotées et publiques. Les nouveaux dispositifs institutionnels comme la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité, ne manquent pas non plus pour prévenir les inégalités.

Un combat désormais culturel

En 2015, partis politiques et gouvernements sont quantitativement paritaires mais les femmes obtiennent peu de postes régaliens. La parité qualitative laisse à désirer. Aux dernières municipales, 83% des têtes de liste étaient encore masculines. De même, 95% des présidents de conseil généraux, 73% des députés et 78% des sénateurs sont des hommes. Même constat dans la vie professionnelle. Certes « la réussite scolaire des filles a permis une montée des qualifications et leur accès à des métiers autrefois occupés essentiellement par des hommes » précisait la Dares fin 2013 mais les postes de direction restent majoritairement masculins. Et malgré toutes les lois votées depuis 1972, il y a toujours un écart de salaire de 10% à poste égal et de 30% toutes catégories de postes confondues. Une étude de l'Insee publiée le 6 mars 2014 rappelle que trois Françaises sur quatre gagnent en moyenne 42% de moins que leur conjoint. Conséquences de ces disparités, une plus grande précarité d'emploi liée au temps partiel subi, une pauvreté croissante pour les mères isolées et des retraites insuffisantes pour les femmes âgées.

Après avoir gagné sur le terrain législatif, l'égalité professionnelle et politique doit maintenant s'imposer dans les mentalités. « Quand on est une femme, il faut simplement en faire deux fois plus » résume la journaliste Michèle Cotta. Eurobarometer confirme que 84% des Français pensent que « la communauté des affaires est dominée par des hommes qui n'ont pas suffisamment confiance dans les femmes ». Pour l'étude McKinsey, relever le défi de la compétitivité impose d'accélérer la montée en puissance des femmes sur la scène économique pour anticiper la pénurie de talents prévue vers 2040. Et si les initiatives se multiplient pour faire évoluer les mentalités, la question des femmes dans la société reste plus que jamais un work in progress. #Histoire