La France s'est faite taper sur les doigts par le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'Organisation des Nations-Unies le mardi 28 avril. Ce dernier a souligné que le discours haineux est devenu une chose banalisée dans l'Hexagone et ce particulièrement à l'égard des Roms. Les frictions raciales sont une chose qu'il ne faut pas prendre avec légèreté.

Le président du Comité, Ion Diaconu, a fait une déclaration lourde de sens lors de l'ouverture de la rencontre de deux jours pour étudier la situation française. « Le principe d'égalité n'est pas complètement reflété dans les réalités du pays en raison principalement de l'intolérance et du #Racisme », a-t-il exprimé en soulignant que la banalisation en cours du discours haineux est un chemin dangereux.

Pour plusieurs experts, le discours haineux doit devenir une infraction au code criminel. Afiwa-Kindéna Hohoueto, une experte du Togo, posait la question. « Ne devrons-nous pas insérer ce type de discours en véritable infraction », demandait-elle. Certains ont demandé à la France de faire plus d'efforts afin que la vague de xénophobie soit renversée et que les étrangers puissent y vivre avec les mêmes droits et libertés fondamentaux que les Français de souche.

La France, une victime ou non ?

Il est vrai que les Français ont de bonnes excuses pour avoir des propos racistes. Les attentats de Paris et le vandalisme dans certains cimetières justifient-ils cette tendance xénophobe ? Il semble que non. Les experts vont évaluer au cours des 48 prochaines heures la performance du pays depuis son évaluation en 2010. Les mesures sont-elles suffisantes, les efforts pour sensibiliser la population à l'importance du mieux-vivre ensemble sont-ils suffisants ? Ce sont les réponses que cherchera la Comité.

Le Plan contre le racisme et les actes antisémites ne semblent pas avoir comblé totalement les représentants de l'ONU. Néanmoins, ces derniers l'ont applaudi. Pour les membres, ce plan sanctionne les gestes mais que fait-il pour prévenir les ghettos. Le Comité a demandé au gouvernement de publier des statistiques détaillées sur les minorités afin d'étudier les différences de revenu, de classe sociale, des types d'habitation, de la qualité de vie avec les Français de souche.

Le CERD veut voir un effort réel de l'Hexagone afin de mettre un terme aux discours racistes et aux intolérances de religions et de races.