Il y a deux ans, le mardi 23 avril 2013, le Parlement français adoptait définitivement la #Loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe.

La loi est validée par le Conseil constitutionnel le 16 mai 2013, lors de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie. Elle est promulguée par le président de la République le jour même et publiée au Journal Officiel, dès le lendemain.

Le premier mariage d'un couple homosexuel - celui de Vincent Autin et de Bruno Boileau - est célébré le 29 mai 2013, à Montpellier, par la maire PS de la ville Hélène Mandroux. Un événement historique couvert par les journalistes du monde entier dépêchés sur place.

Un engagement de campagne de François Hollande

En janvier 2012, François Hollande, alors candidat à l'élection présidentielle, présentait ses « 60 engagements pour la France. » L'engagement 31 mentionnait : « J'ouvrirai le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels. » A l'époque, cette mesure d'égalité, proposée par le candidat socialiste, n'avait suscité aucune polémique.

François Hollande est élu président de la République le 6 mai 2012. C'est à partir du mois de juin que l'opposition au mariage pour tous commence à émerger. L'officine catholique intégriste Civitas, proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et dirigée par le militant belge d'extrême droite Alain Escada, diffuse un tract illustré d'une photo, prise lors de la Marche des fiertés, qui montre deux hommes presque nus qui tiennent un rainbow flag. Le slogan est choquant et fait réagir la communauté homosexuelle : « Confieriez-vous des enfants à ces gens-là ? »

Le combat d'arrière-garde de la Manif pour tous

Au mois d'août, la Conférence des évêques de France appelle ses fidèles à prier pour la France et contre le mariage pour tous, lors de la fête de l'Assomption. L' Église catholique jouera un rôle très important dans l'opposition à l'égalité des droits pour les couples de même sexe.

Au mois de novembre, Frigide Barjot, ancienne chroniqueuse chez Laurent Ruquier et autoproclamée « attachée de presse de Jésus », organise la première manifestation, à Paris, du mouvement contre le mariage pour tous dont elle est la cofondatrice et la porte-parole, la Manif pour tous.

Plusieurs autres manifestations seront organisées par la Manif pour tous, à Paris et en province, y compris après la promulgation de la loi. Frigide Barjot, jugée trop gay-friendly, est écartée du mouvement. Il est repris en mains par la catho tradi Ludovine Dutheil de La Rochère, ancienne chargée de communication de la Conférence des évêques de France.

Le projet de loi sur le mariage pour tous est présenté en Conseil des ministres le 7 novembre 2012. Après plus de six mois de débats, particulièrement mouvementés et ponctués par de très nombreux dérapages homophobes, la loi est finalement votée et promulguée. Le gouvernement n'aura pas cédé à la pression d'une minorité agissante menant un combat d'arrière-garde perdu d'avance.

Une mesure d'égalité appréciée par les Français

Aujourd'hui, le mariage pour tous est entré dans les mœurs des Français. En novembre 2014, un sondage publié par l'IFOP indique que 68 % d'entre eux sont favorables au mariage des couples de même sexe et 53 % favorables à l'adoption d'enfants par ces mêmes couples.

Invité exceptionnel, il y a quelques jours, d'une édition spéciale du Supplément, sur Canal +, François Hollande s'est exprimé sur le mariage pour tous en déclarant que « c'est une trace qui restera. » Quant à une éventuelle abrogation, promise par certains ténors de l'UMP ou par le Front national dans l'éventualité d'une alternance en 2017, il est resté très serein : « Beaucoup avaient dit, y compris dans l'opposition : "On va abroger, ce sera fini, on remettra en cause." Vous entendez aujourd'hui quelqu'un remettre en cause ? »

Près de 20 000 couples homosexuels se sont mariés en France depuis l'adoption de la loi en 2013. Le mariage pour tous est une avancée sociétale majeure qui met sur un pied d'égalité l'ensemble des citoyens français devant le mariage et l'adoption. Les homosexuels ne sont plus considérés comme des citoyens de seconde zone. Mêmes devoirs, mêmes droits.