Zbigniew Huminski, le meurtrier présumé de Chloé, neuf ans, a été déféré devant le juge d'instruction au palais de #Justice de Boulogne-sur-Mer, ce vendredi 17 avril. L'homme, un ressortissant polonais, a été mis en examen pour enlèvement, viol et séquestration suivie de mort sur mineur de moins de 15 ans.

Selon son avocat, Me Antoine Deguines, Zbigniew Huminski « commence seulement à prendre conscience des faits qui lui sont reprochés ». N'ayant pas souhaité s'exprimer devant le juge d'instruction, il pourrait être reconvoqué prochainement.

Il encourt la peine maximale prévue par la justice française : la réclusion criminelle à perpétuité incompressible.

Rappel des faits

Ce mercredi 15 avril 2015, aux environs de 15h30, la petite Chloé, qui venait de fêter ses neuf ans, jouait dans le square de la rue Bossuet, à Calais, comme elle le faisait régulièrement. En s'amusant, la fillette aurait braqué un pistolet à eau sur un homme, qui buvait une bière à ce moment là dans le quartier. Il l'aurait alors empoignée et contrainte à monter à l'arrière de sa voiture. Une scène dont ont été témoins plusieurs passants et la maman de Chloé, impuissants.

Une heure et quarante cinq minutes plus tard, le corps de la fillette a été retrouvé, dénudé, dans un bois au nord de Calais. Il portait des traces de strangulation et de violences sexuelles. Quelques minutes plus tard, aux environs de 18 heures, les CRS interpellent le suspect présumé, près du lieu où a été retrouvé le corps de l'enfant. Il s'agit de Zbigniew Huminski, un ressortissant polonais, qui s'exprime difficilement en français. Soumis à un test, l'homme présentait un taux d'alcoolémie de 0,57 mg/litre d'air expiré, soit 1,12 g/litre de sang au moment des faits.

Placé en garde-à-vue, il a reconnu « immédiatement son implication » dans le décès de l'enfant, comme l'a expliqué le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Jean-Pierre Vilensi.

Qui est Zbigniew Huminski ?

Suspecté d'être l'auteur du meurtre de Chloé, l'individu n'en est pas à sa première interpellation. Il semble en effet avoir eu un lourd passé en France mais aussi dans son pays d'origine. 

Né en Pologne en 1977, Zbigniew Huminski a vécu une enfance difficile et a quitté l'école très jeune. Venu en France dans l'espoir d'intégrer la Légion étrangère, il n'a pas réussi. Par la suite, installé depuis une dizaine d'années dans la région Nord-Pas-de-Calais, il a cumulé les délits et a été condamné deux fois pour vols et agressions. 

En 2004, le tribunal correctionnel de Boulgne-sur-Mer le condamne à quatre ans de prison pour « extorsion avec violence », « séquestration » et « vol aggravé ». En juin 2009, il récidive et sera condamné à six ans d'emprisonnement.

Décrit comme une « personnalité aux traits psychiatriques » par un expert psychiatrique, il a pourtant été libéré de prison en mars 2014. A ce moment-là, faisant l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis par un juge polonais, Zbigniew Huminski a été remis aux autorités polonaises. 

En Pologne, il a été condamné le 27 mars 2015 à un an de prison mais la justice n'ayant pas procédé à son incarcération immédiate, l'homme serait rentré en France le 15 avril dernier, dans l'optique de rejoindre sa sœur qui vit en Angleterre.

Les regrets de la justice polonaise

Ce vendredi, la porte-parole du tribunal de Varsovie, Ewa Leszczynska-Furtak, a déclaré : « Nous regrettons l'immense tragédie survenue en France ». Pourtant, elle a soutenu que la cour polonaise « n'en porte aucunement la responsabilité » car Zbigniew Huminski « n'a manqué aucune procédure ».

Par ailleurs, elle a expliqué que la France n'avait pas communiqué d'indices à la Pologne sur ses éventuels problèmes psychiatriques et la dangerosité de cet homme.

Cérémonie d'hommage

Près de 5 000 personnes ont participé, jeudi soir, à une marche blanche organisée à Calais pour rendre hommage à la petite Chloé.

La sénatrice-maire de Calais, Natacha Bouchart, a pris la parole et déclaré : « Chloé était une fille heureuse et fragile ». « C'est Chloé que nous pleurons aujourd'hui et que nous pleurerons demain parce que les larmes sont notre seul refuge. »

Un nouveau rassemblement est prévu ce samedi 18 avril à 15 heures. Les funérailles de Chloé seront célébrées le mercredi 22 avril, en l'église Saint-Pierre de Calais.