Gel des salaires, loi Macron, pouvoir d'achat en berne, mauvaises conditions de travail... Les syndicats CGT, Force Ouvrière (FO), Solidaires et FSU appellent les salariés du privé et du public à descendre dans la rue, ce jeudi 9 avril 2015, pour manifester « contre l'austérité et ses impacts destructeurs ».

L'intersyndicale souhaite se « faire entendre du gouvernement » qu'elle estime aujourd'hui être au service du patronat. Pour ce faire, elle a organisé une #Grève interprofessionnelle ainsi qu'une manifestation parisienne qui partira de la place d'Italie à 13 heures et se dirigera ensuite vers l'esplanade des Invalides. En parallèle, 90 rassemblements sont programmés en régions. « J'espère que nous serons au moins 150 000 dans les rues parisiennes », confie Michelle Biaggi, secrétaire confédérale de Force Ouvrière.

Les médecins hospitaliers mobilisés

Ils n'en sont pas à leur premier mouvement de grève et chaque manifestation est une occasion supplémentaire pour les professionnels de santé de faire entendre leur point de vue. Protestant contre la loi santé de la ministre Marisol Touraine, ils descendront dans la rue, ce jeudi, dénoncer les conséquences de l'austérité sur leur activité. Personnels en nombre insuffisant, manque de place et de lits pour accueillir les patients, engorgement des services des urgences... La liste est longue.

Par ailleurs, les médecins hospitaliers grévistes protestent aujourd'hui contre la création des groupements hospitaliers de territoire (GHT) prévu dans le projet de loi santé, s'opposent à la mesure permettant aux médecins hospitaliers de prendre leur retraite à 72 ans et contestent les suppressions de postes dans les établissements de santé.

Les aiguilleurs du ciel poursuivent leur mouvement

Le Syndicat National des Contrôleurs du Trafic Aérien (SNCTA) a appelé les aiguilleurs du ciel à cesser leur activité du 8 au 9 avril, puis du 16 au 18 avril et du 29 avril au 2 mai. Des périodes bien ciblées puisqu'il s'agit de vacances scolaires et de longs weekends. Derrière ce mouvement, les salariés réclament de nouvelles négociations sociales concernant l'organisation du travail et s'inquiètent du relèvement de l'âge limite de départ à la retraite de 57 à 59 ans prévu en 2017. Mardi dernier, une réunion de conciliation n'a apporté « aucune réponse concrète » à leur revendications. Les contrôleurs aériens ont donc entamé une grève ce mercredi et se rallieront au mouvement national organisé aujourd'hui.

Le premier syndicat de la profession avait initialement programmé son action du 25 au 27 mars dernier, mais il l'avait repoussée en raison de l'accident de l'Airbus A320 de la compagnie Germanwings, près de Barcelonnette.

Des perturbations à prévoir

Cette journée de manifestation devrait avoir peu de conséquences sur le réseau ferroviaire. La SNCF prévoit un trafic normal sur les grandes lignes et le réseau francilien. Seules de légères perturbations pourraient affecter les TER dans certaines régions.

La RATP, quant à elle, prévoit un « trafic normal sur l'ensemble des lignes de Bus et Tramway », à l'exception des lignes de bus 21, 27, 28, 38, 39, 47, 58, 63, 64, 67, 68, 69, 70, 73, 82, 83, 87, 88, 89, 91, 92, 93, 94, 95 et 96 qui pourraient être légèrement impactées.

En revanche, en raison du mouvement de grève des contrôleurs du ciel qui a débuté ce mercredi, le trafic aérien sera fortement perturbé. La direction générale de l'aviation civile (DGAC) demande aux compagnies aériennes d'annuler un vol sur deux, ce jeudi 9 avril 2015. Une décision qui risque d'ennuyer les voyageurs mais qui devrait limiter les désordres et assurer la sécurité du trafic. Les vols long-courriers, eux, ne devraient pas être affectés par ce mouvement de grève, même si des annulations de dernière minute ne pas exclues. Les passagers sont invités à s'informer directement auprès de leur compagnie aérienne pour savoir si leur vol est maintenu ou non.

Depuis le début du mouvement de grève, hier, les usagers ont fait entendre leur colère. Adrien K., par exemple, voit son vol annulé ce jeudi en raison du mouvement de protestation. Il confie être « très mécontent de la fâcheuse tendance des contrôleurs de vol à se moquer des voyageurs ces derniers temps ». Bien qu'il ne connaisse pas les raisons exactes de cette grève, il « suppose que, comme d'habitude, ces messieurs, aux avantages déjà conséquents, ont peur de ce qui pourrait arriver avec l'abondance des compagnies low-cost. »

Le fonctionnement des établissements scolaires et des crèches risque lui aussi d'être perturbé. Comme de nombreuses professions, leurs personnels sont appelés à manifester contre la politique économique du gouvernement.

Pas de grève pour la CFDT

La CFDT a annoncé qu'elle ne participerait pas à cette grève interprofessionnelle. Selon son secrétaire général, Laurent Berger, « il n'y a pas d'austérité en France » mais des « inégalités ». Interrogé par Jean-Michel Apathie sur les ondes de RTL, il a précisé qu'il n'avait « de leçons à recevoir de personne » en matière de défense des salariés. Des propos qui ont irrité Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. Ce dernier a accusé Laurent Berger d'être « de facto complice » de la montée du Front national.

Face à cette décision, la secrétaire confédérale FO se questionne : « Si des gens pensent qu'il n'y a pas d'austérité dans ce pays, pourquoi y-a-t-il autant de personnes au chômage ? » Et d'ajouter : « Si toutes les associations qui viennent en aide aux gens sont de plus en plus sollicitées, c'est bien parce qu'il y a un problème ».

Les syndicats CFTC, CFE-CGC et Unsa ne feront pas non plus partie des grévistes, préférant la négociation à la manifestation.

INFOS PRATIQUES : Plusieurs rassemblements sont organisées en région. À Lyon, départ de la place Jean Macé à 10h30 ; à Marseille, départ du Vieux Port à 13h30 ; à Montpellier, départ de la place de la Comédie à 10h ; à Toulouse, départ de la place Arnaud Bernard à 10h ; à Bordeaux, départ des Allées de Tourny à 10h30 ; à Nantes départ de la place du Commerce à 10h30 ; à Strasbourg départ de la place de la Bourse à 10h ;