Blasting News : Pourquoi offre-t-on chaque année des oeufs, des poules ou des lapins à Pâques ?

Franck Vidal : C'est très différent selon les pays et les régions. En Allemagne, par exemple, on offre des lapins. En France, on offre un mélange de poules, de lapins et d'oeufs. C'est une tradition qui est fortement ancrée dans les mentalités. Pourtant, de plus en plus, les chocolatiers essaient de sortir des sentiers battus en proposant autre chose qu'une poule ou un lapin mais c'est très compliqué. Les Français sont très traditionalistes. Tout le monde veut sa poule ou son lapin, parfois son poisson, c'est une tradition qui a la peau dure. Nous avons essayé de faire des clowns, des animaux de la forêt mais sans succès.

BN : Y-a-t-il des nouvelles tendances qui émergent malgré tout ?

A Pâques, tous les chocolatiers essayent d'innover parce qu'un artisan chocolatier qui fabrique des poules et des lapins depuis 40 ans, il a envie de changer, donc il y a effectivement des évolutions. Par exemple, cette année, Valrhona a créé un moule spécifique semblable à un gros bonbon et plusieurs artisans se sont appropriés ce moule et décorent leur chocolat à leur manière. C'est un produit qui a bien plu aux professionnels, reste à voir si cela plaira aux consommateurs.

BN : Quels consommateurs de chocolat les Français sont-ils ?

Un Français consomme en moyenne 6,5 kg de chocolat par année. C'est beaucoup moins en proportion que les Suisses, qui en consomment environ 12 kg mais en réalité, il faut savoir que ce chiffre englobe également la consommation des touristes venus acheter du chocolat en Suisse. 

En général, les Français se distinguent des autres pays européens en préférant le chocolat noir, à forte teneur en cacao et donc moins sucré. En revanche, à Pâques, ils consomment beaucoup plus de chocolat au lait et de chocolat blanc puisqu'ils achètent surtout pour les enfants. Ces chocolats sont plus doux et passent mieux auprès des jeunes.

BN : Certains chocolats sont-ils plutôt destinés aux femmes, d'autres plutôt aux hommes ?

Nous ne sommes pas tous égaux. Nous avons tous des goûts différents donc en matière de chocolat, il n'y a pas de différence en fonction du sexe mais plutôt en fonction des palais de chacun.

BN : Aujourd'hui, les Français privilégient-ils la qualité à la quantité ? 

C'est ce que prône Valrhona. Nous proposons un chocolat haut-de-gamme, avec des tarifs plus élevés que ceux appliqués par la grande distribution. Nous conseillons donc d'essayer d'en manger moins en quantité mais plus souvent et de meilleure qualité. Notre clientèle et celle de nos clients professionnels a bien compris le message. 

Il y a encore 30 ans en arrière, on ne parlait que du chocolat noir, du chocolat au lait et du chocolat blanc. Aujourd'hui, le consommateur sait qu'il s'agit d'un produit alimentaire d'origine agricole, dont le goût peut varier, au même titre que le vin, selon les origines du cacao, le terroir, la recette et la transformation en chocolaterie. Valrhona, par exemple, propose une centaine de produits différents. #Gastronomie