Blasting News : Pourquoi avez-vous tenu à venir aujourd'hui ?


Olivier Besancenot : Il faut faire en sorte que ce projet de #Loi ne passe pas. Ou bien, même s'il est voté, il faut réussir à obtenir son retrait définitif, parce que ça concerne l'ensemble de la population. Mettre des mouchards sur les flux internet, ça veut dire pouvoir surveiller n'importe quel citoyen qui a accès au net et qui communique par cet outil, avec des données qui seront stockées par la police qui décidera de les garder ou pas. C'est mettre des dispositifs techniques de proximité, c'est-à-dire des fausses antennes relais sur les toits pour capter l'ensemble des coordonnées et discussions téléphoniques pour les écouter et les stocker.

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Ça peut concerner nimporte lequel d'entre nous. Chacun doit bien comprendre que même sans rien avoir à se reprocher, puisque c'est un argument qu'on entend beaucoup, on est concerné.

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BN : Que répondez-vous à ceux qui avancent qu'une telle loi aurait pu permettre d'éviter les drames connus ces derniers mois ?


OB : Ça ne résiste pas au fait, y compris les attentats qu'il y a eu dans ce pays depuis deux ans. Ces personnes étaient déjà suivies. Elles étaient déjà ciblées par la police. D'ailleurs Mohammed Merah était tellement ciblé par la police qu'il était en contact avec elle. En terme d'efficacité, on repassera. Il y a vraiment un prétexte, et ce prétexte est d'ailleurs avoué de temps en temps par certains membres du gouvernement qui reconnaissent que ce projet de loi était déjà dans les cartons bien avant les attentats.


BN : Le gouvernement joue donc selon vous sur cette peur permanente qui existe depuis ces attaques ?

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OB : Oui, on joue sur une peur permanente, pour faire passer un climat ambiant, pour dire aussi : "ne l'ouvrez pas trop car ça pourrait vous retomber dessus". On sait bien que quand des politiques sont menées, comme actuellement, des politiques d'austérité, impopulaires, qui poussent à la réaction et à la colère, c'est aussi un moyen de pouvoir maîtriser tout ça. Ce n'est pas une mince affaire, et c'est un point commun à tous les pays qui mènent en ce moment des politiques d'austérité libérale.


BN : Comment continuer à lutter une fois la loi votée ?


OB : Il faudra continuer la mobilisation, le rapport de force, avec un réseau de luttes et de campagnes extrêmement divers, je pense d'ailleurs qu'on a rarement vu autant d'organisations rassemblées en même temps, ça peut peser à moment donné sur une partie de l'opinion et la convaincre de basculer dans ce rapport de force puisqu'il n'y a que comme ça qu'on pourra faire reculer le gouvernement.

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#Terrorisme


BN : On présente la France comme le pays des Droits de l'Homme. Qu'est-ce que ça vous inspire alors que cette loi s'apprête à être votée ?


Qu'elle le sera un peu moins, voilà. Que derrière cet intitulé là aussi, de nombreuses atteintes ont déjà été portées, parce que mon petit doigt me dit que derrière ce projet là, il y a aussi une volonté de légaliser des pratiques illégales qui étaient déjà, de fait, déjà orchestrées. On veut garantir l'anonymat et l'impunité des acteurs des service de renseignement, mais c'est aussi nous dire clairement que cela se faisait déjà, et qu'on veut aujourd'hui leur permettre de le faire sans pouvoir comparaître devant un tribunal un jour.