Blasting News : Pouvez-vous nous expliquer vos actions pour cette journée de résistance au projet de loi sur le renseignement ?


Julien Bayou : On a essayé d'organiser un évènement pour permettre aux citoyens de contacter leurs députés. On a représenté un hémicycle avec tous les groupes, tous les députés, et toute la journée, il y a 80 à 100 personnes qui se sont relayées appeler ces députés, surtout les indécis pour leur dire qu'il y a une pression citoyenne, qu'il y a des oppositions de toutes parts, qu'il s'agisse du digital, d'anciens juges anti-terroriste, de syndicats de police, de syndicats de journalistes, de magistrats. Il faut entendre l'argumentation sur la défense des libertés parce que ce projet est dangereux, mais également contre-productif. Ce projet de #Loi est idéologique, il est dangereux pour les libertés, il est potentiellement contre-productif pour notre sécurité, puisqu'en ce qui concerne la lutte contre le #Terrorisme, il multipliera les fausses pistes alors que les renseignements ont déjà du mal à suivre des personnes déjà dans leur radar. J'espère, et c'est l'objectif, que les députés voteront en leur âme et conscience.


BN : Quelle va être la marche à suivre une fois la loi votée, et adoptée par l'Assemblée nationale ?


JB : Il y a de grandes chances que la loi passe à l'Assemblée. Il y aura une nouvelle bataille après au Sénat. Et une autre encore pour saisir le Conseil Constitutionnel. On a absolument besoin de fournir nos arguments à l'opposition, d'oublier les questions partisanes, et d'attaquer sur le fond, sur nos libertés, sur toutes les incompatibilités de ce texte avec la Constitution. Et ensuite, il faudra se battre à chaque étape, évidemment.


BN : La France, chancre de la liberté, qu'est-ce que ça vous inspire aujourd'hui ?


JB : Il ne faut pas oublier qu'on dit que la France, c'est le pays de la Déclaration des Droits de l'Homme, pas le pays des Droits de l'Homme. Il y a une nuance importante, et là clairement, ce texte vient à rebours de tout ce qui a pu se faire comme progrès. Basculer dans la surveillance généralisée, c'est brider la créativité, c'est brider la recherche scientifique, c'est brider le développement économique de pas mal d'entreprises. Et puis c'est évidemment une atteinte insupportable à la vie privée.