Sétif, Guelma, Kherrata, trois noms de villes qui résonneront aujourd'hui en #Algérie et en France pour commémorer les massacres trop oubliés du 8 mai 1945. Il aura malheureusement suffi d'un drapeau algérien brandi lors d'une manifestation nationaliste à Sétif, après la victoire des Alliés sur l'Allemagne. « C'est un jour noir pour les Algériens, un événement très important. On ne fait pas la fête le 8 mai, contrairement aux petits bals habituels organisés ailleurs pour célébrer la libération », confie M'hamed Kaki, président de l'association Les Oranges, installée à Nanterre. Après des années de travail et de lutte, l'association continue son chemin pour faire reconnaître les massacres qui ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata le 8 mai 1945. Un véritable tournant dans l'#Histoire de l'Algérie, mais également dans celle de la France car comme le rappelle M. Kaki, le 8 mai 1945, « l'Algérie était bel et bien un département français ».

Aujourd'hui c'est à travers des conférences, des ateliers d'écritures et autres pièces de théâtre que M'hamed Kaki œuvre pour sensibiliser les citoyens, jeunes et adultes, au devoir de mémoire plus que nécessaire. Son objectif ? Obtenir la reconnaissance par le président de la République, « et uniquement par le président de la République », des crimes d'État perpétrés en Algérie. M'hamed Kaki est à l'origine des rassemblements qui auront lieu aujourd'hui à Nanterre et Paris.

Prendre conscience de l'ampleur des massacres

L'association se bat également pour l'ouverture des archives de l'époque et l'engagement réel sur un travail de mémoire. Le 21 mars dernier, les adhérents ont lancé une pétition pour appuyer leurs objectifs et obtenir encore plus de soutiens. Il faut dire que les autorités françaises n'ont pas vraiment été loquaces à ce sujet, puisque aucune reconnaissance officielle n'a été exigée. « Nous sommes, par exemple, à l'origine du boulevard du 17 octobre 1961 (une répression meurtrière avait fait des dizaines de morts lors d'une manifestation organisée par des Algériens, ndlr). C'est unique en France. La seule réponse que l'on ait obtenue de la part des autorités françaises fut un communiqué. C'est un premier pas, mais ça n'est pas suffisant. »

Récemment, le Conseil de Paris a voté à l'unanimité un vœu de reconnaissance des crimes d'État par le Président de la République française. « A droite, comme à gauche, tous se sont entendus sur la question, ça n'était jamais arrivé avant. Nous aimerions que d'autres communes françaises organisent des rassemblements accompagnés par des minutes de silence en hommage aux victimes des massacres ». Mercredi, c'est la mairie de Champigny qui s'est alliée aux Oranges pour ne pas oublier l'histoire et panser les plaies encore ouvertes. La ville de Nanterre, ville historique de l'immigration politique et culturelle algérienne en France, serait sur le même chemin. Se souvenir des massacres avec ces Oranges d'Algérie, nom tiré d'un ouvrage d'Aziz Chouaki qui traite de l'histoire entre l'Algérie et la France, des oranges symboles « d'amour et de paix ».

Pour en savoir plus sur l'association Les Oranges, visitez leur site lesoranges.com.