L'#Homophobie est toujours présente dans notre société… Ce qui pousse les homosexuels, les lesbiennes, les bisexuels, et les transgenres à se battre davantage pour leurs droits. Mais aussi et surtout, pour qu'on les laisse vivre leur amour et leur sexualité sans faire l'objet de jugements, voire pire, d'agressions en tout genres.

Des actes homophobes violents, tant verbalement que physiquement

Gabryel, un jeune homme de 28 ans, explique avoir déjà été victime d'actes homophobes à de multiples reprises: "J'ai connu des agressions physiques et morales en pleine rue ou à l'école. Il y a quelques années, je me suis fait frapper par quatre hommes en plein centre d'une ville. Il y avait une trentaine de personnes spectatrices de la scène, personne n'a bougé, personne n'est intervenu. Tout a démarré car j'avais un look punk. Ils m'ont ensuite suivi dans la rue, m'ont frappé, m'ont lancé des canettes de bières, m'ont insulté. L'un d'entre eux criait haut et fort que je faisais tout pour les 'allumer'".

Alexis, étudiant, a dû faire face à un changement d'attitude complet de la part de son colocataire lorsque celui-ci a appris qu'il était gay. "Il a dit que s'il avait su, il ne m'aurait jamais laissé entrer dans l'appartement. Il a dit que ça le dégoûtait, que je n'étais pas normal. Pour moi, cela entre dans la catégorie de l'insulte. J'ai trouvé son comportement immonde, surtout lorsque l'on sait que deux semaines plus tôt, j'étais son pote et il était super content que je sois devenu son colocataire". Selon lui, le débat est déjà pré-construit, l'argument principal étant la liberté d'opinion, sauf qu'ici, il n'y a pas de réels arguments. Ne pas comprendre l'homosexualité est une chose, mais insulter les homosexuels est de l'ordre de l'inacceptable, d'autant plus en invoquant la liberté d'opinion et d'expression.

Pour Thomas par contre, le pire réside en les réflexions des amis et de la famille. "Ils disent accepter ce choix de vie, mais ils se permettent sans cesse de poser des jugements de valeur. C'est assez désagréable d'avoir l'impression qu'on peut faire mieux, et qu'on met mal à l'aise. Pour le reste, j'évite de trop m'exposer. Comme on dit, vivons heureux, vivons cachés. Et pourtant, je pense que les homosexuels sont les plus respectueux de la vie en communauté", explique ce jeune homme de 24 ans. "Parfois, la peur est tellement présente qu'on ne pense même plus à tenir la main de l'être aimé dans les lieux publics", déplore-t-il.

Les mentalités n'évoluent pas tellement

Si l'on pourrait croire qu'au fil du temps, les mentalités évoluent positivement et sont plus ouvertes envers les personnes LGBT, ce n'est pas ce que constate Gabryel… "Je trouve que cela a empiré, et j'ai même l'impression que les femmes deviennent pires que les hommes en ce qui concerne les discriminations", explique-t-il.

Alexis pense que l'homosexualité prend des dimensions diverses selon l'endroit du monde où l'on se trouve. "Il y a des gens qui meurent à cause de ça, et il est temps que cela change. Aussi, certaines personnes ne vivent pas pleinement, de peur que cela se sache et puisse avoir des répercussions sur leur emploi, sur leur vie familiale, etc".

Pour Thomas, notre siècle est caractérisé par la solitude: "Je pense que les gens se sentent tellement abandonnés, fragiles, qu'ils déversent leur haine sur les autres".

Le 17 mai, un symbole?

Cette journée du 17 mai est le symbole de la lutte contre l'homophobie. Cependant, pour Gabryel, elle montre un côté négatif: "Lors des Gay Pride, les homosexuels les plus excentriques sont de sortie. Pour moi, un homosexuel est un homme qui aime un homme. Et non pas un homme efféminé qui se maquille et se coiffe davantage qu'une femme!".

Alexis n'est pas un militant, cependant il estime que "l'homophobie, tout comme l'antisémitisme ou d'autres formes de discrimination, doit faire partie du débat public, et il est important d'avoir des actions afin de lutter contre cela".

En se mobilisant au cours d'une journée, Thomas croit que les tensions sont peut-être attisées. "Au fond, c'est au quotidien qu'on lutte, pour montrer que nous sommes des personnes gentilles et pas différentes des autres. Je suis le premier à faire savoir quand quelque chose me paraît injuste, je n'attends pas la journée de lutte contre l'homophobie pour le faire".

Il reste quelques changements à adopter en France

En France, les droits des homosexuels sont plutôt bien avancés, pense Alexis. Le mariage est désormais possible, mais il reste encore des progrès à faire en ce qui concerne l'adoption, ainsi qu'un débat public à avoir sur la PMA et la GPA. "Il me semble que le débat a trop vite été mis aux oubliettes par la gauche, dans un souci de ne pas froisser la droite, au moment de la loi du mariage pour tous".

Une opinion que rejoint Thomas: "La gauche a cristallisé les tensions en faisant traîner la question du mariage pour tous, et nous a carrément laissés tomber sur la PMA. Ne parlons même pas de l'UMP ou du FN. Aujourd'hui, le monde politique est détruit. Ça me désole, mais nous n'avons plus rien d'une démocratie".

Si globalement, les homosexuels en France estiment ne pas être trop mal lotis au sein du pays en ce qui concerne leurs droits, il reste tout de même des avancées à poursuivre, d'autres à entamer. Des débats sont toujours dissimulés, notamment en ce qui concerne la possibilité pour les homosexuels d'avoir des enfants. Concernant l'homophobie, c'est un fait, tous les témoignages déplorent que cela existe encore de nos jours. Certaines personnes restent sur des idées très fermées, et perdent à ne pas connaître des homosexuels, lesbiennes, bisexuels, ou transgenres. Après tout, nous avons tous du sang dans nos veines, et de l'air dans nos poumons! #Homosexualité