Pourquoi l'institution de la journée de solidarité ?

Entrée en vigueur le 30 juin 2004 sous l'égide du gouvernement Raffarin, la journée de solidarité a été créée à la suite de la canicule de 2003 et de ses presque 2000 victimes. Tous les salariés du public comme du privé y contribuent, offrant une journée de travail non rémunérée, et le salaire non payé est reversé par les employeurs sous forme de contribution, la CSA (contribution solidarité autonomie) qui correspond à 0,3% de la masse salariale.

Où vont les fonds collectés ?

La caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) gère les fonds collectés et les redistribue. L'an passé, 60% ont ainsi bénéficié aux personnes âgées et 40% aux personnes handicapées. Une grosse partie de cet argent permet de financer le recrutement et la formation du personnel des maisons de retraite et des structures médico-sociales, la création de nouveaux établissements et la rénovation de ceux déjà existant. Les départements bénéficient aussi d'une partie des recettes collectées, ce qui leur permet de financer l'APA (allocation personnalisé d'autonomie) et la PCH (prestation de compensation du handicap). Cette année, la journée de solidarité devait rapporter près de 2,46 milliards d'euros, ce qui porterait le montant collecté à entre 24 et 26 milliards d'euros ces onze dernières années.

Tous les salariés sont donc concernés par cette contribution à l'exception des stagiaires. Et depuis 2013, les retraités imposables contribuent aussi par le biais de la CASA (contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie). Ce qui permet entre autre, de financer "l'adaptation de la société au vieillissement", par le biais d'une loi qui contribuera notamment au maintien plus systématique des personnes âgées à leur domicile avec la revalorisation de l'APA.

Le lundi de Pentecôte chômé ou travaillé ?

Depuis 2008, le lundi de Pentecôte n'est plus obligatoirement la journée de solidarité et est redevenue une journée fériée et largement chômée. C'est à l'employeur que revient de fixer la date de son application avec l'accord des partenaires sociaux. Certains demandent à leurs employés de travailler un jour habituellement chômé, comme un jour férié (à l'exception du 1er Mai), ou un samedi. D'autres préféreront leur sacrifier un jour de RTT, ou encore, leur faire travailler sept heures supplémentaires fractionnées sur l'année.

70% des salariés n'iront pas travailler ce lundi de Pentecôte. La grosse majorité des administrations, des services publics, et les écoles seront fermés. Si la plupart des commerces habituellement ouverts le lundi fonctionneront, il sera en revanche, impossible de se rendre à la banque ou à la Poste. #Emploi