Les policiers mis en cause pour non-assistance à personne en danger dans la mort de Zyed et Bouna, ont été relaxés. On connait les émeutes qui avaient suivi la mort de ces deux adolescents à Clichy sous bois le 27 octobre 2005. Dix ans plus tard, la #Justice vient de rendre sa décision : les policiers concernés sont hors de cause. Cette décision de justice a été mal accueillie par les familles des victimes, on peut les comprendre, mais nous sommes dans un pays de loi et de droit. En revanche ce qui est incompréhensible, ce sont les déclarations intempestives des hommes et femmes politiques de droite et de gauche qui commentent la décision du tribunal.

A droite, on se félicite de la victoire de la justice car la racaille a été vaincue (selon Marion Maréchal-Le Pen du Front National) et la justice a triomphé selon Eric Ciotti de l'UMP. Pour les Verts, Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale de ce Parti, déplore que la justice n'ait pas été correctement rendue et que celle-ci ait marché sur les sépultures des deux adolescents.

Que les politiques français se taisent et qu'ils sortent de leur rôle de commentateurs de la vie sociale brulante en concentrant leurs efforts sur leurs circonscriptions en matière de gestion budgétaire, de logement et de maîtrise des impôts locaux.

Décidément le 11 janvier 2015 est très loin. L'unité nationale, prônée par les uns et les autres, n'était finalement qu'une feinte, un moment de répit pour masquer le venin prompt à jaillir comme c'est le cas en ce moment pour l'affaire de ces deux adolescents. Il y a une marche à Bobigny pour s'indigner de la décision de justice : il s'agissait de dénoncer l'impunité des policiers.

Cet épisode tragique de la mort de deux adolescents va laisser des traces au sein des familles des deux adolescents concernées. Il va falloir très vite apporter des réponses apaisantes à la double peine infligée aux familles : la perte d'un enfant et la décision de justice qu'ils considèrent comme injuste. Les associations, le gouvernement doivent trouver les mots pour apaiser le jugement que les familles considèrent comme injuste. Les familles ont perdu sur le plan pénal, mais ne désespèrent pas qu'un nouveau jugement soit fait au civil.

C'est à ce prix que la paix peut revenir dans les cœurs et les âmes. Mais de grâce, hommes politiques, de gauche et de droite, taisez-vous sur cette affaire, commentez autre chose et n'ajoutez pas de l'huile sur le feu.