Neil Shah, 39 ans, et son ami ont passé un moment au club G-A-Y dans le quartier londonien de Soho avant de rentrer à leur domicile en faisant appel à un chauffeur de la compagnie américaine Uber, le 9 mai dernier. Ils ont été victimes d'une terrible mésaventure.

« Pas de baiser, les gays ne sont pas autorisés »

 Alors qu'ils étaient dans la voiture depuis une dizaine de minutes, en se tenant les mains, l'ami de Neil s'est penché vers lui pour l'embrasser. C'est à ce moment que le conducteur du véhicule leur a dit : « Pas de baiser, les gays ne sont pas autorisés. » Des propos homophobes qui ont surpris le couple.

Les deux hommes, choqués et désorientés, par l'attitude du chauffeur ont quitté le véhicule. Ils ont à nouveau fait appel à Uber pour les ramener à destination. Ils ont raconté ce qu'il venait de se passer au conducteur. Lui aussi a été très choqué par le comportement scandaleux et discriminatoire de son collègue.

Neil Shah s'est mis très rapidement en contact avec des responsables de la compagnie Uber. Il estime que la firme américaine devrait imposer des règles beaucoup plus strictes sur le recrutement des chauffeurs qui travaillent pour elle.

Un porte-parole du géant américain du transport en VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur) a déclaré que « cet incident est très décevant car Uber célèbre la diversité. » Il a jouté : « En tant que société, nous ne tolérons aucune forme de discrimination que ce soit, et nous inculquons cette philosophie à nos chauffeurs partenaires (…). Dans tous les incidents graves comme celui-ci nous suspendons le conducteur en question pendant que nous enquêtons. »

Le chauffeur en question a donc été provisoirement suspendu en attendant les résultats de l'enquête. Il risque une radiation définitive, ce qui semble être logique.

Plusieurs cas d'homophobie déjà signalés et médiatisés

Pourtant, malgré les explications plutôt rassurantes du porte-parole Uber, ce n'est pas la première fois que des couples gays sont victimes de propos et d'actes homophobes de la part de chauffeurs qui travaillent pour cette compagnie. Plusieurs cas ont été signalés et médiatisés.

En avril 2014, deux clients qui sortaient d'une boîte de nuit gay située dans le 9e arrondissement de Paris ont été victimes de nombreuses insultes homophobes et menaces de la part d'un chauffeur de VTC qui travaillait pour Uber : « Non, je ne prends pas les pédales », « Qu'est-ce que tu fais, prends pas de photos. Viens que je casse ton téléphone ! » Finalement, celui-ci s'est ravisé : « Allez, montez les pédales, je vous ramène ! »

Devant l'ampleur de réactions indignées d'internautes sur les réseaux sociaux - Twitter en particulier - Uber a décidé de radier son chauffeur. Les deux jeunes hommes ont porté plainte. #Homophobie