À l'automne dernier, un véritable raz-de-marée a déferlé sur les réseaux sociaux en réponse à l'affaire Jian Ghomeshi, cet ex-animateur vedette de la radio CBC au #Canada accusé d'agressions sexuelles sur plusieurs #Femmes. Le mot-clic #AgressionNonDénoncée (ou en anglais #BeenRapedNeverReported) fut utilisé par les centaines et les centaines de survivant-e-s d'agression à caractère sexuel qui ont osé prendre la parole pour la première fois sur leurs expériences malheureuses.

La réponse fut telle que la question des agressions à caractère sexuel et du viol furent mises en avant-plan sur de nombreuses tribunes en Amérique du Nord. Chacun et chacune cherchant tant bien que mal à trouver des solutions concrètes à ce fléau qui frappe 1 femme sur 3 et 1 homme sur 6 au Québec selon les autorités.

Aujourd'hui, de nombreux mois plus tard, nous ne pouvons que nous demander ce qu'il reste de tout cela ainsi que les répercussions à long terme tant sur le sol canadien qu'à l'extérieur. En France, au cours de l'année 2008, une enquête de l'INSEE révélait qu'entre 2005 et 2006, 486 000 femmes avaient subies une forme de victimisation sexuelle. Ces statistiques prennent uniquement en compte les victimes majeures, ce qui nous faisant prendre conscience que le portrait est probablement plus sombre. Devant l'ampleur de ce problème, il est impératif de trouver des solutions.

Une pétition

Il y a plusieurs semaines, j'ai fait la rencontre de trois jeunes femmes dynamiques. Un soir, nous discutions de ce mal sociétal que sont les agressions sexuelles. Nous nous sommes rapidement rendu compte que nous connaissions toutes au moins une personne ayant été touchée directement par ce sévice.

Au lieu de rester impuissantes, nous avons décidé d'agir. Ensemble, nous avons lancé sur le site web de l'Assemblée nationale du Québec une pétition demandant aux instances gouvernementales de légiférer auprès des fabricants d'alcool et les tenanciers de bars. En effet, nous demandons à Québec d'obliger ces acteurs à inscrire le slogan « Alcool n'égale pas consentement » dans leurs établissements et leurs bouteilles de bière afin qu'ils soient visibles. Une façon de sensibiliser la population !

Audacieux, vous dites ?

Quelques jours après le lancement de notre initiative, la bière Bud Light s'est retrouvée au centre d'une controverse aux Etats-Unis en raison d'un slogan faisant la promotion de la culture du viol. Cela n'est venu que renforcer notre croyance en la nécessité de notre initiative. En effet, nous vivons dans une société qui tend à porter la responsabilité des agressions sexuelles sur les victimes plutôt que sur les agresseurs. C'est ce qui explique en partie le faible taux de dénonciation des victimes. Alors qu'un sondage rendu public par la Fondation canadienne des femmes révélait que 2 Canadiens sur 3 ignorent ce que le consentement sexuel signifie, le slogan « Alcool n'égale pas consentement » vise à clarifier et à instaurer un débat autour de cette notion si cruciale. Devant l'ampleur du phénomène des agressions à caractère sexuel, notre geste va de soi.

Les citoyens québécois ont jusqu'au 24 juillet 2015 pour signer la pétition avant qu'elle ne soit déposée à l'Assemblée nationale du Québec où les élus devront en tenir compte. De nombreuses entrevues dans les médias ont été accordées par les quatre instigatrices dont je fais partie. De plus, la pétition fut endossée par le Centre d'aide et de lutte aux agressions à caractère sexuel (CALACS) de l'Estrie.

Nous espérons que notre idée, réalisée de manière spontanée, puisse en inspirer d'autres à la recherche active de solutions pour contrer le phénomène des agressions à caractère sexuel.