Quelles ont été les motivations de Yasin Salhi ? Le principal suspect dans l'attentat de l'usine Air Products est passé aux aveux dans la soirée du samedi 27 juin. 

Yasin Salhi, auteur de l'attentat qui a ciblé l'usine de gaz industriels à Saint-Quentin-Fallavier, dans l'Isère, a reconnu avoir décapité son employeur et avoir tenté de faire exploser l'usine en fonçant à bord de son véhicule contre un hangar de bonbonnes de gaz.

Le père de famille de 35 ans a toutefois réfuté toute motivation terroriste lors de son audition, expliquant avoir décapité son employeur suite à une dispute avec ce dernier, l'auteur a déclaré en effet, selon des propos relatés par Le Monde, « jeter sa tête » près du grillage pour « frapper les esprits », contestant toute mise en scène terroriste. L'auteur de l'attentat dans l'Isère a également mis en avant une dispute avec sa femme la veille des faits, comme éléments déclencheur de son passage à l'acte.

Le « selfie » envoyé par Yasin Salhi à un de ses contacts, un certain Sébastien Yunes plaide en revanche pour l'hypothèse d'un acte à motivation terroriste. Le téléphone du criminel saisi par la sous-direction antiterroriste (SDAT), contenait deux photos, un « selfie » montrant Yasin Salhi avec la tête de son employeur au milieu d'une mise en scène macabre s'inspirant des méthodes de l'#Etat Islamique (EI), et une deuxième photo montrant la tête de la victime.

Le cas Anderas Lubitz ?

Le mode opératoire improvisé de l'attentat dans l'Isère, le choix opportuniste de la cible et le caractère hâtif de l'attaque, privilégient la piste du différend personnel « sublimé en attentat terroriste ». L'arrestation de Yasin Salhi et la perquisition de son domicile n'a permis en effet de trouver aucun élément témoignant d'une quelconque préparation de son passage à l'acte.

L'historique de radicalisation de Yasin Salhi, accompagné de sa fragilité psychologique et de son caractère violent pourraient expliquer sa folie meurtrière soudaine et irrationnelle, « Comme si l'envie de meurtre avait précédé l'intention terroriste », confie un haut gradé de la police nationale au magazine Le Monde.

Le cas du copilote allemand Andreas Lubitz, auter du crash volontaire de l'avion Germanwings le 24 mars pourrait être un cas similaire dans son aspect criminel soudain et irrationnel et ce, malgré le fait que l'enquête sur les motivations de ce crash n'a permis aucune lecture idéologique ou politique de ce drame.

Cependant, Le portrait psychologique des deux auteurs, ainsi que la proximité des cibles pourrait confirmer l'hypothèse du « profil hybride, un signal faible : radicalisé mais pas jugé dangereux, fragile psychologiquement, qui s'est peut-être activé tout seul », a déclaré une source proche de l'enquête. #Terrorisme #Daesh