Editorial - Samedi 27 juin, l'Etat Islamique (IE), ou #Daesh sous son acronyme arabe, a revendiqué l'attentat de l'Isère, la fusillade de Sousse et l'attentat-suicide de Koweit City. Trois cibles différentes à des milliers de kilomètres les unes des autres, un mode opératoire « improvisé » et une mise en scène macabre, caractéristiques d'une nouvelle forme de #Terrorisme, un terrorisme « déstructuré ».

Luc MATHIEU, dans un article daté du 28 juin dans le magazine Libération, soutient l'idée de l'avènement d'une nouvelle forme de terrorisme avec le 11 septembre 2001. Il explique en effet qu'avant cette date, le fait terroriste « international » obéissait à un ensemble de règles. D'abord à la notion d'hiérarchie, dont la forme et les contours sont déterminés, « dessinés » par un pouvoir central, une sorte «d' état-major » auquel incombe le choix des cibles et des modes opératoires.

Ce même pouvoir central, Al-Qaeda à l'époque, décidait également des procédés de recrutement, de formation et de mise en œuvre, dans ses moindres détails, d'une stratégie terroriste s'étalant sur plusieurs mois, plusieurs objectifs.

Le 11 septembre 2001, début d'une nouvelle ère

Nous sommes le 11 septembre 2001, les Etats-Unis sont pour la première fois sur leur sol, victimes d'une attaque terroriste des plus sanglantes : deux avions percutent le World Trade Center (WTC), les deux tours s'écrouleront entraînant la mort de plusieurs milliers de victimes. Avec leurs chutes, s'écroulera l'image de la « toute puissance » américaine jusque-là inatteignable. Un fait marquant du cours de la géopolitique internationale de crise qui sera construite dans un nouveau rapport de force.

Le gouvernement Bush riposte, mène la guerre sur deux fronts, renforce ses troupes déjà présentes en Afghanistan contre Al-Qaeda qui a revendiqué l'attaque et entame une guerre sans relâche, au sol cette fois-ci, en Irak, contre un gouvernement qu'il accuse désormais de financer le terrorisme.

Du ventre fécond de la guerre ...

Prison d'Aboughreb : humiliations et bavures militaires ont été pour de nombreux iraquiens l'horrible résumé d'une guerre difficile à oublier et difficile à accepter. Et c'est en Iraq même que surgira, du ventre fécond de la guerre ( et de plusieurs autres), la bête immonde appelée Daesh. Un Etat autoproclamé, contrôlant une partie de la Syrie et une grande partie de l'Iraq. Un groupe responsable de nombreuses décapitations, de viols, d'attaques « génocidaires » , de tortures et d'exécutions sommaires…

Avec Daesh, le terrorisme a changé de modèle : le fait terroriste est devenu « déstructuré », improvisé par des jeunes qui se radicalisent désormais en autonomie et qui choisissent librement les cibles et les modes opératoires de leurs crimes. Ces jeunes, pour la plupart, n'ont jamais mis le pied en Syrie, une idéologie macabre relayée sur Internet leur suffit pour commettre l'irréparable et se revendiquer membres de l'Etat Islamique.

Laissant à Daesh la tâche d'en faire la récupération posthume...