Tout le monde a été entendu ou presque sur la vie de ce martyr... sauf lui. Vincent Lambert est prisonnier de son corps depuis 7 ans suite à un accident de la route. Il végète, depuis, dans un coma artificiel où le libre arbitre est une utopie accablante. Accablante car l'homme est au centre d'un méli-mélo juridico-religieux dont l'épilogue est intervenu vendredi 5 juin 2015. La CEDH a décidé l'arrêt des soins, et validé, entre guillemets, l'hypothèse implicite d'une euthanasie refusée jusque-là et surtout prohibée en droit français. Retour sur une hérésie macabre de notre société.

La problématique du cas Lambert tournait autour de trois grands axes : des parents pratiquants, pour qui il était impossible d'envisager l'euthanasie (totalement proscrite par la Bible), une autre partie de la famille, plus humaniste, se plaçant clairement en faveur du suicide assisté et, en aparté, une #Justice hexagonale totalement désordonnée. Mais un autre protagoniste restait désespérément à l'écart,  V.Lambert lui-même. L’homme avait à plusieurs reprises demandé de "bénéficier" d'une euthanasie en cas d'accident majeur. Cependant, le patient n’avait exprimé cette volonté qu’oralement. Or en droit français, l’écrit prime toujours sur un simple souhait tacite.

Un marasme judiciaire à grande échelle

A l'origine de cette tragédie, le tribunal administratif s'était prononcé en faveur de la loi Léonetti. Ce texte interdit "l’obstination déraisonnable du corps médical sur le patient quand la situation médicale de l'intéressé est objectivement désespérée". La décision de stopper un tel traitement peut être prise collégialement par la famille. En cas d'absence de compromis, c'est la volonté de la victime qui fait foi.. Mais aucune preuve écrite n'a vu le jour. Les médecins ne jouissent, eux, que d'un avis consultatif, il revient donc à la justice française de trancher. Mais qui dit justice, dit éternité, recours, enfer et damnation, sans mauvais jeu de mots.

Un épilogue qui laissera un goût amer

On parle pourtant de la vie d'un être humain dont la seule erreur est de ne avoir pas pu éviter la faucheuse autoroutière. La presse a d'ailleurs peu à peu oublié la cause de cet homme. Il n'était peut-être pas assez "bancable", seuls les multiples recours judiciaires ont animé la rubrique société ou faits divers des rédactions. Et cette situation n'est pas sans rappeler celle de Ramon Sampedro, amoureux de la mer et victime d'une chute qui le laissa pendant 20 ans sur le lit de sa chambre. Couché face à la mer, mer qui lui a tant donné et tout pris, un après midi ensoleillé de candide jeunesse. L’homme a longuement revendiqué le droit à l’euthanasie. Mais la folie humaine s’inscrit dans un long combat entre préoccupations religieuses, familiales et juridiques, sans que l’euthanasie n'ait jamais été perçue comme une solution viable ou humaniste !

Actuellement, un recours n'est pas encore à exclure, souhaitons à Vincent Lambert que la situation suivra doucement son cours !