Sa Sainteté Kirill Ier, patriarche de l'Église orthodoxe russe, a décidé la semaine dernière de suspendre les relations qu'entretenait l'institution religieuse - très influente et toute puissante en #Russie - qu'il dirige depuis 2009 avec l'Église protestante unie de France et l'Église presbytérienne d'Écosse. Connu pour son #Homophobie viscérale, le haut dignitaire religieux voit d'un très mauvais œil leurs positions sur le #Mariage gay ou le partenariat civil entre personnes de même sexe.

Un patriarche conservateur et homophobe

Le patriarche - très conservateur et homophobe - de Moscou et de toute la Russie, âgé de 68 ans, a beaucoup de mal à accepter les récentes décisions de ces deux Églises protestantes. Le 16 mai dernier, l'Assemblée générale de l'Église presbytérienne d'Écosse a autorisé l'ordination des homosexuels engagés dans un partenariat civil. Elle envisage d'étendre cette décision aux prêtres mariés avec des partenaires de même sexe, en 2016. Le 17 mai dernier, l'Église protestante unie de France a accordé la possibilité - sans en faire une obligation - à ses pasteurs de bénir les couples de même sexe.

Le Patriarcat de Moscou, dans un communiqué officiel publié sur son site la semaine dernière, a déclaré que les contacts officiels avec les deux institutions religieuses étaient désormais inutiles : « Nous affirmons avec une profonde tristesse que nous avons aujourd'hui de nouvelles divisions dans le monde chrétien, non seulement sur les problèmes théologiques, mais aussi sur les questions morales(…) L'Église orthodoxe russe détient la position ferme sur la base de Saintes Écritures et a déclaré à plusieurs reprises que les innovations mentionnées étaient irrecevables pour l'enseignement moral et donc devrait reconsidérer ses relations avec les Églises et les associations qui foulent aux pieds les principes de la morale chrétienne traditionnelle.»

Dans ce même communiqué, le Patriarcat de Moscou précise : « En 2003, l'Église orthodoxe russe a suspendu les contacts avec l'Église épiscopale des États-Unis parce que cette Église a consacré un évêque ouvertement homosexuel. Des raisons similaires ont entraîné la rupture des relations avec l'Église luthérienne de Suède en 2005 quand elle a décidé de bénir les unions de couples de même sexe. »

Pour 72% des Russes, l'homosexualité est « moralement inacceptable »

En 2013, le patriarche Kirill Ier a déclaré que la légalisation du mariage entre personnes de même sexe en Europe était un « symptôme alarmant de l'approche de l'apocalypse », en précisant : « Nous devons tout mettre en œuvre pour empêcher qu'en Sainte Russie, le péché soit approuvé par une loi. »

En Russie, l'homosexualité était considérée comme un crime jusqu'en 1993 et comme une maladie mentale jusqu'en 1992. Selon un sondage publié l'année dernière, 72% des Russes estiment que l'homosexualité est « moralement inacceptable. »

L'Église orthodoxe russe, très proche des organes du pouvoir et du président Vladimir Poutine - qui, selon le magazine gay américain The Advocate, a été « la plus grande menace pour les LGBT dans le monde en 2014 » - a une très grande part de responsabilité dans la montée inquiétante de l'homophobie en Russie. Le pays dispose d'une loi contre la « propagande homosexuelle », votée à l'unanimité par les députés de la Douma en 2013. Avec la bénédiction de l'Église orthodoxe russe, bien entendu...