Les migrants trouvent refuge dans une caserne désaffectée

Hier soir, vers 18h30 près de 200 personnes, dont la moitié était des migrants, ont investi la caserne des pompiers désaffectée de Château Landon proche des gares du Nord et de l'Est. Les migrants qui avaient été délogés de leur campement de la Chapelle après son démantèlement le 2 juin dernier, vagabondaient depuis dans Paris afin de trouver un endroit où se réfugier.

Après avoir passé quelques nuits au jardin associatif du Bois-Dormoy, et avec le soutien d'une centaine de personnes, ils ont pris occupation de la caserne vidée depuis plus d'une dizaine d'années.

Intervention musclée des forces de l'ordre

Les forces de l'ordre ont rapidement été dépêchées sur les lieux afin de procéder à leur évacuation, la préfecture de Paris s'inquiétant de l'insalubrité et de la dangerosité de la caserne. Des échauffourées ont rapidement éclaté entre les deux camps, certains soutiens des migrants lançant des projectiles sur les policiers. Ces derniers ont riposté avec deux salves de gaz lacrymogène à 21h30 puis 22 heures.

Une récupération politicienne

Les responsables de la Mairie de Paris et du gouvernement ont fustigé certains soutiens des migrants, montrant du doigt la tentative d'instrumentalisation à des fins politiciennes du sort de ces migrants. Ils reprochent à ces individus le fait d'avoir sorti les migrants d'un bus où ils avaient pris place pour rejoindre des logements, et de les faire investir la caserne devant les journalistes déjà présents.

Relogement des migrants

Avant 23 heures, Mathias Vicherat, directeur de cabinet d'Anne Hidalgo, signait la promesse de relogement pour 110 migrants. Ces derniers ont accepté de sortir de la caserne afin d'être conduits dans les quatre sites prévus, situés à Nanterre et dans le centre de Paris, où ils seront nourris, soignés et logés.

Même si le sort des migrants est loin d'être scellé, il s'agit là pour eux d'une première victoire.

Pendant ce temps-là, dans les quartiers chics

Alors qu'une partie du dixième arrondissement parisien s'embrasait, près de quatre milles personnes ont subitement envahi les jardins des Tuileries et du Palais Royal sur les coups de 21 heures. Ces milliers de convives, tous de blanc vêtus, se sont réunies là après avoir su quelques minutes auparavant, le lieu où se déroulerait l'action. Déferlant en masse autour des colonnes de Buren, avec tables, bougies, chaises, nappes et victuailles, les festoyant ont lancé le départ du dîner en faisant tourner leurs serviettes, blanches évidement.

Un rassemblement bon chic bon genre

Ces rendez-vous très "bobos" font toujours leur effet auprès des touristes et des non-initiés qui assistent dubitatifs à ces dîners méthodiquement organisés. Sans jamais avoir l'aval de la préfecture parisienne, l''événement doit préserver son aspect dissident comme le veut la tradition. Depuis 1988, ces réunions intempestives ont investi tour à tour Notre-Dame, les Champs-Elysées, les ponts historiques de Paris où encore la Concorde. La musique accompagne le repas, et à 23 heures les lampions s'allument et signent le départ des premiers invités.

#Immigration #Paris politique

Une tolérance des autorités contre le rendu propre des sites

Généralement, le site occupé est laissé propre après les festivités, ce qui explique la tolérance des autorités face à ces rassemblements. Malheureusement, ce matin certains riverains twittaient leur indignation photos à l'appui, face à la masse de détritus laissée derrières les convives.