Selon les estimations, ce sont 75 à 80% des cinq millions de Français musulmans qui entament aujourd'hui le ramadan, l'un des cinq piliers de l'#Islam avec la profession de foi, la prière, l'aumône et le pèlerinage à la Mecque. Le ramadan, c'est un mois de jeûne dont les fidèles doivent s'acquitter chaque année : ceux qui choisissent de l'observer doivent en effet s'abstenir de manger, de boire, de fumer ou encore d'avoir des rapports sexuels de l'aube jusqu'au coucher du soleil. Ce mois sacré est également une période hautement spirituelle au cours de laquelle les prières, le travail sur soi ou encore la réflexion autour des questions relatives à la foi sont quotidiens. Sont concernés tout les musulmans pubères, exception faite des femmes enceintes, qui devront cependant rattraper chaque jour de jeûne avant le prochain ramadan, ainsi que des personnes fragiles (problèmes cardiaques, d'asthme ou d'hypertension par exemple) qui devront en contrepartie pratiquer l'aumône pour chaque jour où l'abstinence n'est pas observée.


Quelles sont les origines du ramadan ?


Le mot ramadan renvoie au neuvième mois du calendrier hégirien (ou calendrier musulman), mois au cours duquel le Coran aurait été révélé au prophète Mahomet par l'archange Gabriel. En arabe, ramadan signifie "chaleur intense" et évoque ainsi dans la #Religion une bonne action destinée à brûler ses péchés. Observer ce mois de jeûne, c'est l'occasion pour les fidèles de se rapprocher d'Allah, mais aussi des populations les plus démunies en supportant les sensations de faim et de soif. Au cours de cette période sainte, Laylat al-Qadr (la nuit du destin, celle de la révélation du Coran), dont la date, difficile à déterminer, intervient dans les dix derniers jours du mois, est l'un des moment les plus importants : selon les écritures, prier tout au long de cette nuit est plus bénéfique que mille mois de prières.


Comprendre le calendrier


Cette année, le mois du ramadan devrait se dérouler entre le 18 juin et le 17 juillet, quand l'an dernier, il avait lieu entre le 29 juin et le 28 juillet. Ces dix jours de différence s'expliquent par les spécificités du calendrier hégirien, fondé sur douze mois lunaires de 29 à 30 jours chacun. Une année compte donc 354 à 355 jours contre 364 à 365 pour notre calendrier. Concrètement, c'est l'observation à l'oeil nu de la nouvelle lune qui conditionne le début du mois, et non des calculs astronomiques comme le calendrier grégorien, qui est lui fixé par rapport au soleil. Évidemment, le premier croissant de lune, qui conditionne le début du mois dans le calendrier musulman, n'est pas observé à la même heure dans les différentes parties du monde, ce qui traduit les différences entre les pays quant au début du ramadan. Par conséquent, les dates peuvent varier d'un ou deux jours d'une région à l'autre. Ainsi, si la plupart des pays comme la France, l'Arabie Saoudite, la Tunisie ou le Liban, entament leur mois de jeûne aujourd'hui, d'autres, à l'instar du Maroc, de l'Algérie, de l'Inde ou de l'Iran, devaient regarder la lune dans la nuit de mercredi à jeudi (on appelle ce moment la "nuit du doute") pour fixer définitivement le début de cette période sainte. Le mois du ramadan s'achève après qu'une autre nouvelle lune a été repérée : à cette occasion, on célèbre l'Aïd el-Fitr, qui marque le début du mois de chawwal, et surtout la fin du mois de jeûne.


Cette année, le ramadan tombe à l'heure du solstice d'été, période à laquelle les journées sont les plus longues, sans compter les vagues de chaleurs à venir, notamment en France, et qui pourraient rendre ce mois de jeûne et d'abstinence particulièrement difficile.