Les missions d'accompagnement de l'AAH ne sont pas clairement délimitées, et vont différer en fonction de la nature de la procédure, mais aussi de la complexité de cette dernière ainsi que de la situation. Les professionnels exerçant ces missions ne seront pas toujours les mêmes : l'accompagnement est le plus souvent réalisé par des travailleurs sociaux ou des juristes. Le tronc commun de la mission, quelque soit le type de procédure, est l'accompagnement de la personne mineure tout au long de la procédure.

L'AAH aura un rôle d’information quant à son rôle concernant les rouages et enjeux juridiques du dossier. Lorsque l'enfant veut ou doit être entendu par le magistrat, il sera accompagné par le travailleur social ou le juriste, mais aussi par l'avocat mandaté pour représenter l'AAH dans la procédure en cours. Le positionnement proposé au magistrat sur la situation est fait au nom de l'AAH et non de l'enfant, afin d'éviter le conflit d'intérêt, mais aussi pour ne pas mettre l'enfant à une place qui n'est pas la sienne ou qui serait trop difficile à porter. Toutefois, le positionnement demandé ne sera pas le même pour les procédures pénales que pour les civiles. En matière de dossiers pénaux, l'AAH peut par exemple être amené à proposer un chiffrage de dommages et intérêts pour l'enfant victime.

L'accompagnement pédagogique différera en fonction des professionnels et des directives des institutions inscrites sur les listes d'AAH de la Cour d'Appel de leur secteur. Les textes de lois n’octroient pas un rôle éducatif à l'AAH, mais dans la pratique, ce dernier devra tout de même tenir compte de cette position dans son accompagnement, car elle sera parfois indissociable de la mission juridique. Cette posture éducative reste toutefois controversée, pour plusieurs raisons, mais la principale est le caractère d'un certain devoir de neutralité. Une personne neutre est quelqu'un « qui ne prend parti ni pour l'un ni pour l'autre des camps, dans un conflit, une discussion, un désaccord, etc.[1] ».

Pour effectuer sa mission, l'AAH devra gagner la confiance de l'enfant pour le soutenir dans ses difficultés liées à l'objet de la procédure judiciaire. Toutefois, une implication trop prononcée risquerait de mettre en péril ce devoir de neutralité permettant de garantir la meilleure représentation possible des intérêts de l'enfant. Un travail de relais partenarial apparaît alors comme nécessaire lorsque la situation l'exige, tant pour garantir une prise en charge adéquate de l'enfant, que pour préserver une certaine neutralité dans l'accompagnement de l'AAH.

L'AAH, même si il se positionne en son nom propre, peut et se doit d'être le « rapporteur » de la parole de l'enfant. Cette parole doit être dégagée tout au long de son accompagnement, et lui servira à représenter au mieux ce qui est appelé l'intérêt ou intérêt supérieur de l'enfant.



[1] Dictionnaire « Le Petit Larousse illustré », édition 2006 #Jeunesse