Dogmatique et Pastorale, le malentendu permanent

 

L'Église va mal : dénigrée par une société matérialiste, elle se déchire aussi entre ses membres depuis un Concile proclamé il y a 50 ans, incompris par ses progressistes gagnés par le socialisme, ses fidèles un peu perdus, et ses traditionalistes crispés sur le passé. Les uns, figés sur les dogmes, s'opposent aux autres coincés sur l'actualisation (pastorale) alors que la Vérité manie également les deux concepts. La pastorale consiste à appliquer le dogme dans un contexte historique changeant, et les dogmatiques, lorsque cette pastorale ne leur convient pas, considèrent qu'elle fait des concessions mondaines et trahit la doctrine du Christ : Tel est le conflit depuis 1965.

 

 

Pédagogie divine

 

On dit que Dieu écrit droit avec des lignes courbes, Lui voyant les choses de haut et nous regardant les évènements de façon linéaire, chronologique ; hors, une parabole est un cercle revenant sur lui-même et s'ouvrant sur autre chose... La révolution de l'Évangile ne pouvait s'appuyer, au départ, que sur des mentalités héritées de l'ancien Testament. D'ailleurs, n'y a-t-il pas encore beaucoup de gens raisonnant ainsi à l'heure actuelle, comme la vengeance inspirée de l'instinctive loi du talion : oeil pour oeil, dents pour dents ? Ainsi, l'Église s'allia au pouvoir temporel dès Constantin (4ème siècle) jusqu'à le perdre progressivement à partir du schisme protestant en créant avec succès ce que l'on appelle le règne social de Jésus-Christ dans les monarchies européennes. Dieu n'a jamais voulu de Rois, ni dans l'Ancien Testament ni dans le Nouveau, disant que Sa royauté n'était pas de ce monde. Pourtant, avant de vivre la royauté du Christ dans son coeur – seule et réelle royauté – il fallait l'insérer dans des formes, l'homme en eut besoin, un peu comme le guerrier pouvant oublier son apprentissage lorsqu'il le maîtrise!

 

 

La révolution de Vatican II : En Esprit et en Vérité

Ainsi, la pastorale, après 1965, ne pouvait qu'aller dans un sens apparemment contradictoire au passé, vu que le ce Concile nous amène vers ce règne de l'esprit : Vivre en Esprit et en Vérité ! Une pratique où les rites disparaîtront progressivement afin que l'homme vive l'amour dans ses actes au quotidien, pratique sur les 2000 ans futurs tant cela ne va pas aller tout seul.Scénario apparemment utopique..

 

 

Le fil du rasoir...

Cette démarche demande courage et amour réunis, car comment affirmer que les semences de Dieu sont dans toutes les religions, tout en proclamant avec humilité que le catholicisme a la plénitude de la révélation ? Comment proclamer son identité sans heurter les autres croyances, comment vivre cette sagesse difficile à transmettre tant elle est révolutionnaire ? Comment ouvrir le chemin sans recevoir les coups des religieux et des athées, des consuméristes et des fanatiques ? Donner cette dimension sacrée unifiera tradis et progressistes dans une vision mystique enfin abordable. Cela n'ira pas sans douleurs nécessaires à cet enfantement... Le mystique ne s'enferme pas dans des certitudes, il avance

 

 

 

Vivre en Esprit, c'est ne jamais s'installer  tel Le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête - Mt 8(19-22) , c'est accepter que même Saint Thomas

n'ait pas tout dit, tout vu, tout reçu de la révélation, Dieu sachant que l'homme évolue et n'assimile les lumières de la foi que petit à petit. Vivre en esprit, c'est simplement ne condamner personne en laissant chacun dans sa liberté. Dire aux juifs ou aux musulmans : Mes frères, Dieu a mis des Vérités dans votre #Religion, suivez-là mais sachez que nous avons la chance d'avoir la plénitude de la Vérité chez nous, libre à vous d'étudier la doctrine du Christ ou de vivre votre foi ancestrale. Cette démarche, bien sûr, demande un courage héroïque tant on risque d'être mal compris, et c'est sans doute pour cela que nos clercs n'arrivent pas encore à ce résultat. Lorsqu'ils le feront, les divisions entre catholiques disparaîtront et nous serons respecté de nouveau ! #catholique #Pape François