Dans une lettre adressée aux deux chambres du Congrès américain, le mercredi 14 octobre 2015, le président Barack Obama informait de sa décision de déployer 300 militaires américains au #Cameroun, dans le cadre de la lutte contre la secte islamiste Boko Haram qui sème la terreur dans la partie septentrionale du pays depuis plusieurs mois. Ces derniers, armés pour leur propre protection, effectueront des missions de renseignement et de reconnaissance aérienne et resteront au Cameroun jusqu’à ce que leur soutien ne soit plus nécessaire, apprend-on. Dans la même correspondance, Barack Obama faisait savoir que 90 éléments de cette force américaine étaient déjà présents au Cameroun depuis le 12 octobre. Ce contingent américain sera basé à Garoua, capitale de la Région du Nord. Seulement, loin d’enchanter les camerounais, sensés officiellement bénéficier de l’expertise américaine en matière de renseignement, cette nouvelle a plutôt suscité un sentiment de méfiance au sein de l’opinion pour diverses raisons.

Les américains ne sont pas des enfants de cœur

Le capitalisme outrancier des américains est connu de tous. C’est un pays qui n’agit généralement que par rapport à ses intérêts. Les camerounais ne comprennent pas la décision des #Etats-Unis de venir en aide à leur pays, alors que le Nigéria voisin qui a explicitement sollicité leur aide et qui semble avoir le plus besoin de leur expertise n’a pas reçu une réponse favorable. De plus, afin de venir à bout de la secte nigériane, le Cameroun bénéficie déjà de l’appui d'un détachement des forces françaises de l'opération Barkhane pour ce qui est des renseignements. La position stratégique du Cameroun par rapport aux richesses du sous-sol que le pays de Barck Obama convoiterait dans le bassin du Lac Tchad et dans le Golfe de Guinée serait donc, la véritable raison du déploiement des soldats américains sur le territoire camerounais. « Ce que nos autorités ne comprennent pas, ou ils comprennent mais comme ils n’ont rien à faire de ce pays, c’est que les américains ont estimé, ils ont dit clairement qu’à partir de 2020, 25% de leur approvisionnement en pétrole, va provenir du Golfe de Guinée. Et bien sûr, si vous savez que vous avez ce projet vous faites tout pour arriver des années avant pour commencer à sécuriser cette zone là. » Analyse Marianne Simon-Ekane, secrétaire Nationale aux Relations Extérieures au  MANIDEM, un parti nationaliste. En effet, selon Jean Robert Wafo,  cadre du Social Democratic Front (SDF), principal parti de l’opposition,il faut bien se demander quelle est la contrepartie de la présence militaire américaine dans notre pays.

Armée américaine, armée de déstabilisation ?

Les interventions américaines dans des pays menacés d'insécurité n’ont généralement pas aidé à apaiser les tensions. Au contraire, on a la nette impression qu’elles contribuent plutôt à empirer la situation. Les exemples de  l'Iraq, de  l'Afghanistan, du Soudan, de la Centrafrique sont là pour conforter les camerounais dans cette position. Selon les chiffres publiés en 2013 par le site britannique Iraq body count, en dix ans de présence américaine en Iraq, l’on a dénombré entre 112 000 et 122 000 civils tués pendant le conflit ou lors de ses suites et quelques 39 900 combattants de toutes origines. En décembre 2011, lors du retrait des troupes américaines décidé par Barack Obama, le pays était (il le reste) plongé dans le chaos, en lieu et place de la liberté promise au moment de l’invasion de ce pays de la péninsule arabique. Plus grave, la détention par l’Iraq des armes de destruction massive, avancée comme prétexte n’a pas été prouvée. La guerre en Iraq a par ailleurs favorisé l’émergence dans cette partie du monde, des forces obscurantistes telles que le Groupe Etat islamique qui sème la terreur en Iraq et en Syrie. Même en Afghanistan où les soldats américains sont encore présents, le bilan se chiffre également à des dizaines de milliers alors même que les talibans continuent de sévir. #Boko Haram