Le nombre de divorces ne cesse d'augmenter. La palme d'or revient à Paris où 1 couple sur 2 divorce. La région parisienne est un peu mieux épargnée. La situation qui en résulte, celle de l'explosion du nombre de familles monoparentales avec une très forte majorité de mamans solo (85% des familles monoparentales), semble peu intégrée par la société :

 

1- Les mamans solo sont peu évoquées dans les médias. On sait qu'elles sont de plus en plus nombreuses. Les émissions de télé, les articles sur le net, n'en dressent qu'un portrait peu flatteur et très réducteur de maman seule qui galère à boucler ses fins de mois. Certes, ce portrait décrit une réalité, celle de jeunes femmes souvent sans emploi, avec un niveau d'études insuffisant pour faire face à la crise de l'emploi, souvent abandonnées et meurtries par le départ de leur mari. Elles sont donc cassées psychologiquement et sans autonomie financière. Pour ces femmes, le quotidien est difficile car elles disposent de peu de ressources pour rebondir. C'est souvent sur elles que les médias aiment se focaliser pour faire de l'audimat. Mais leur statut précaire n'est pas celui de toutes les mamans solo. Et surtout, une maman solo, c'est avant tout un être humain et non une étiquette péjorative.

 

Les mamans solo reflètent une vrai changement de la société : la fragilité des couples qui, devant les épreuves, les désaccords, se quittent, et l'indépendance grandissante des femmes. Un maman solo, c'est aussi, et de plus en plus, une jeune femme qui a choisi de se séparer pour son propre bien-être et dans l'intérêt de son enfant.

 

La maman célibataire se retrouve en difficulté les premiers temps de la séparation, devant réapprendre à dépenser autrement, à organiser son temps, son quotidien bien rempli, ce qui ne l'empêche pas de rebondir et d'apprécier sa vie de maman solo en garde prioritaire ou garde alternée. Cette image de jeune femme trentenaire, souvent urbaine, ayant fait des études supérieures, qui s'assume et parvient à s'épanouir est peu présentée par la société. Difficile de trouver des statistiques précises sur elle. C'est bien dommage, car la maman solo libre et indépendante est courante, surtout dans les grandes villes.  Pourquoi ne parle-t-on que d'une catégorie de mamans solo, celle qui subit et rarement de l'autre, celles des femmes qui décident des ruptures et qui s'en sortent ? Est-ce parce que la société est encore très machiste ? Que l'image d'une femme qui arrive à s'en sortir, et même s'épanouir, sans l'aide d'un homme gêne ?

 

2- Au travail, la situation de maman solo est quasi ignorée. Les contraintes horaires liés à la garde des enfants sont perçues comme les siennes. C'est à elle de trouver personnellement une solution à l'équation journalière impossible : arriver tôt le matin après avoir déposé les enfants à l'école ou la crèche, et partir tard le soir pour assister à des réunions tardives et récupérer les enfants de l'école ou de la crèche à 18 heures au plus tard. La maman solo doit se débrouiller pour rester productive. A elle de ne pas succomber au burn-out parental ou professionnel.

 

Quelques entreprises commencent à prendre en compte la situation de parent solo en proposant du télétravail comme solution de flexibilité, en doublant le droit annuel de jours enfants malades... Mais pourquoi tant de lenteur dans la prise en compte de ce statut bien présent ? A-t-on peur de ces femmes, synonymes d'émancipation : la femme, sans homme, qui peut aussi avoir un enfant "toute seule" et l'élever sans le père ? Car c'est aussi le cas de certaines femmes quittées par un amant peu motivé pour devenir père, ou voulant avoir un enfant à tout prix même par insémination artificielle.

 

Les familles monoparentales en difficulté

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