Comme chaque année, et depuis un moment déjà, le 10 Mai dernier, la France a commémoré la Traite Négrière et l'Esclavage. Le président de la République, son Excellence Monsieur François Hollande, a annoncé les projets d'une fondation et d'une construction d'une maison du souvenir à Paris. Si nous devons saluer cette action, venant d'un pays, la France, dont la grandeur réside dans sa fidélité aux valeurs d'humanisme, le silence de l'#Afrique Subsaharienne sur ces deux fléaux majeurs choque et interpelle. Il est donc intéressant d'essayer de comprendre un tel mutisme qui échappe au bon sens, voire, à toute logique.

 

S'agit-il d'une omission volontaire ou involontaire ?

Pour le Larousse, l’omission est "l'action de négliger de dire ou de faire ce que l'on devait dire ou faire". Donc, derrière l'omission se trouve l'idée de volonté. La question est donc de savoir si l'Afrique subsaharienne a voulu, de tout temps, ou si elle veut éviter d'évoquer la Traite Négrière et l'Esclavage. Réponse à venir.

 

S'agit-il d'une Tabouisation ?

Tabouisation vient du verbe Tabouiser qui veut dire, selon le dictionnaire de l'Internaute "Rendre tabou, déclarer tabou, c'est-à-dire dont on ne peut parler sans encourir la réprobation sociale". Là aussi, l'idée d'une volonté manifeste est présente. D'où, questions : l'Afrique veut-elle de cette censure sociale ? A-t-elle souverainement décidé d'un refoulement, dans son inconscient collectif, de ces deux fléaux qui l'ont absolument réduite, à jamais ? A suivre.

 

S'agit-il d'un Oubli ?

Selon le Larousse, l'Oubli, c'est : "Défaillance dans l'aptitude à se souvenir de quelque chose de précis : L'oubli des dates est fréquent. Effacement, disparition des souvenirs et, en particulier, éloignement de certaines idées préoccupantes : Avec le temps vient l'oubli. Disparition de la mémoire collective d'un groupe [...]". Si tel est le cas, l'Afrique a-t-elle oublié les deux fléaux à l'origine de son dépeuplement et de l'éparpillement de sa population au-delà des océans ?

 

Autant de définitions et de questions qui peuvent permettre de percer le mystère d'un silence sur ces fléaux majeurs qui ont affaibli tout un continent. On ne peut pas évoquer le mutisme de l'Afrique subsaharienne sur la Traite Négrière et l'Esclavage sans évoquer le poids de la tradition orale et l'absence des témoins, ainsi que la faute de l'enseignement général.

 

Le poids de la tradition orale et la disparition des témoins oculaires

En général, dans la société traditionnelle africaine, l'éducation des enfants est à la charge des adultes, des personnes âgées. Grâce à la tradition orale, les générations ascendantes transmettent aux générations descendantes les connaissances relevant de tous les domaines sociaux : la vertu des plantes pour ce qui concerne la santé, les héros des peuples, les succès mais aussi les revers des générations passées, pour ce qui est de l'histoire...etc. Or, les témoins oculaires de la traite négrière sont tous morts, de même que les personnes qui les ont connus et écoutés. Les deux fléaux sont donc tombés soit dans la tabouisation, soit dans l'oubli.

 

La faute de l'enseignement général sur les deux fléaux

Jusqu'à une époque récente, dans les écoles, collèges, lycées et universités africains, on n'enseignait pas la Traite Négrière et l'Esclavage. Et donc, en Afrique au Sud du Sahara, au 21ème siècle, plusieurs personnes ne sont pas au courant de l'Esclavage et de la Traite Négrière. Parmi ces personnes, on retrouve les analphabètes qui n'ont jamais été scolarisés, de même que celles et ceux qui n'ont pas étudié jusqu'au lycée et à l'Université. Il faut avoir été à l'école, jusqu'au lycée, pour apprendre quelques bribes d'informations sur la Traite Négrière et l'Esclavage.

 

Cela veut dire que ces deux fléaux sont inconnus, ignorés, à cause de la tabouisation, mais surtout de l'oubli. Il n'est jamais trop tard pour les divulguer au sein de la population analphabète, et les inscrire aux programmes scolaires dès l'école primaire. #Education #Démocratie