D’origine hollandaise, il fut l’un des guides qui m’accompagna durant l’un de mes voyages les plus décevants. Durent cette semaine ennuyeuse à mourir, il fut le seul à me faire rire de bon cœur, quasiment toutes les trente minutes ! Il n’a jamais dissimulé que ma joie de vivre, à ses yeux, était mon plus bel atout. Je lui ai toutefois avoué que si j’étais gaie comme un pinson dès que je quittais Bruxelles et ses pavés gris, quand j’étais chez moi, je plongeai dans une effroyable tristesse, surtout quand le thermomètre flirte avec les 0 degré.

 

Comment en es-tu à travailler dans le #Tourisme ?

J’avais entrepris des études de sciences éco, que je n’ai pas finies. Mon père a été furieux et m’a dit : "Si tu ne réussis pas dans une école supérieure, tu n’as qu’à aller travailler". Ca ne m’aurait pas plu de rester aux Pays-Bas, vu les circonstances. J’ai commencé alors comme GO, j’ai entrepris de perfectionner mon anglais et mon italien, et c’est un peu par hasard que j’ai atterri ici comme guide. Cela fait maintenant huit ans, et même si les débuts ont été un peu durs, je me sens désormais vraiment bien dans ce que je fais.

 

Si tu avais l’occasion de prendre un mois de vacances ici, sans devoir travailler en tant que guide, que ferais-tu ?

Je pense que je ferais beaucoup de voile, que j’irais pêcher et que je glisserais, incognito, dans un groupe de touristes pour voir ce que ça fait d’être de l’autre côté de la barrière !

 

Ton pire ennemi ?

L’ignorance ou le manque de savoir-vivre.

 

Et si tu devais faire le portrait-robot du touriste idéal, quel serait-il ?

Sympa, pas trop bruyant, intéressé par la culture, mais aimant quand même se détendre.

 

Quel est ton pire souvenir en tant que guide ?

Un minibus rempli de Flamands très cons. Comme je suis Néerlandais, et que mon accent amstellodamois me trahit, j’ai passé avec eux une semaine épouvantable. Ils me regardaient de haut, ne me posaient aucune question, faisaient semblant de ne rien comprendre et parlaient entre eux dans un patois impossible à traduire ! J’avais l’impression que je ne leur servais à rien, voire que j’étais leur tête de Turc. Bon, j’étais peut-être parano, mais qu’est-ce que j’ai été soulagé quand ils sont partis !

 

La plus belle chose qui puisse exister à tes yeux ?

Je pense que je ne me lasserai jamais de voir un touriste arriver avec une tête de fromage blanc, et repartir avec un sourire grand comme une banane, avec la peau toute bronzée.

 

Tu ne sors jamais sans… ?

Sans crème solaire ! Sinon, je ressemble en trois minutes à une tranche napolitaine !

 

Tu es l’un des êtres plus joyeux que je connaisse. Quel est le secret de ce bel état d’esprit ?

Le soleil de mon île, mes collègues qui sont vraiment extras, et tous ceux qui acceptent ce que je leur offre comme échanges de pensée et de culture.

 

Après une journée épuisante, comment passes-tu tes soirées ?

Soit devant la télé, avec un bon cocktail, soit en boite si ma journée du lendemain est complètement libre, ou en tout cas pas trop chargée.

 

Et comment gères-tu la marée humaine qui arrive en Juillet et oût ?

Comme je peux ! Je tiens alors en journée à la tisane, au soir au vin, et je passe mes soirées avec quelques copains, avec qui on se moque bien de nos "pires cas" !

 

Avec quel type de touristes te sens-tu le plus à l’aise ?

Ceux qui aiment se marrer et qui s’intéressent à ce que je raconte Et qui ont la gentillesse de me demander mes coordonnées pour pouvoir m’envoyer les photos où je figure. Plus sympa que ça, tu meurs !

 

Penses-tu un jour changer d’orientation professionnelle ?

Jamais ! J’aime trop ce que je fais et je continuerai tant que je suis frais et en bonne santé !

 

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Un certain nombre de choses à ne pas dire aux baroudeuses #Asie #Société