Le touriste qui arrive pour la première fois à Douala, la capitale économique camerounaise, est sur le champ frappé par la présence récurrente des moto-taxis dans les rues. Entre bruits de klaxons des moto et des crissements de pneus sur la chaussée, tout s'y mêle. Pour les habitants de cette ville ce mode de transport public est satisfaisant. Selon ces derniers, les deux-roues motorisées rivalisent les taxis traditionnels car sur certaines rues impraticables de la ville, la moto est le véhicule idéal pour serpenter le long de ces rue sinueuses.

 

Pour la petite histoire, la ville de Douala, selon les statistiques 2012 du PNUD, est peuplée de plus de 2 millions d'habitants. Porte d'entrée et véritable poumon économique du #Cameroun, Douala a vu les moto-taxis se déployer dans les années 90 jusqu’à ce jour. Plusieurs sociologues pensent pour leur part que ce phénomène de moto taxi, parti de l'#Afrique de l'Ouest trouve ses origines dans le boom de la croissance urbaine, la pauvreté et les limites d’intervention des pouvoirs publics eu égard aux besoins croissants des villes en services et infrastructures.

 

Au Cameroun par exemple, les transports publics gérés par l'Etat ont disparu depuis les années 90. Le réseau routier quant à lui souvent mal entretenu favorise la présence des moto-taxis car les véhicules de quatre roues sont obligés de n'emprunter que des routes praticables et par endroits. Les prix des trajets parcourus peuvent varier considérablement selon le mode de transport que l'on emprunte. En moto par exemple, l'on peut débourser une somme de 300 frs CFA (0.45€) pour un trajet pendant qu'un taxi à quatre roues exige pour la même distance une somme d'argent avoisinant 500 frs Cfa (0.80€). Au Cameroun, à partir de 250 000 frs CFA (moins de 400€), l'on peut s'acheter une moto neuve de fabrication chinoise

 

A Douala, on y retrouve des magasins de vente des motos chinoises neuves et de seconde main. Même s'il est vrai que l'espérance de vie d'une moto de fabrication chinoise dépasse rarement trois ans, les différents propriétaires sont satisfaits de la prestation de leur moto. Les conducteurs de moto-taxis au roulent sans respecter le code de la route. C'est l'anarchie permanente. très souvent, ce dernier ne respecte aucun de feux de signalisation routière. Souvent débarqué de son village, après quelques séances d'apprentissage sur un terrain plat dans les faubourgs de la capitale économique du Cameroun, ce dernier prend la route à la recherche de son premier client.

 

Comment ne pas s'indigner quand on compte le nombre de motocyclistes qui roulent à tombeau ouvert sans casque ni rétroviseur. A  Douala, les Moto taximen interviewés par nos soins sont issus de toutes les catégories de classe sociale. Etudiants, anciens cadre dans les sociétés privées, retraités, homme à tout faire, chômeur, etc. tout y passe.

 

Selon les usagers des moto-taxis, ce mode de transport facilite de l'accès de ses clients dans les endroits inaccessibles aux autres véhicules. Plusieurs d'entre eux affirment qu'ils utilisent fréquemment la moto parce qu'elle va partout. Si les autorités camerounaises parviennent à organiser ces opérateurs de transport par des séances formations continues par exemple, des campagnes de recyclage et d’information sur les nouveaux dispositifs du code la route, leur activité profitera à tous et ceci portera ses fruits dans la réduction des accidents de circulation souvent causés par ignorance. Les abandonner à eux-mêmes risquera de constituer à coup sur une autre bombe sociale. Il est temps d'y penser.

 

Bientôt la fin des vieux taxis au Cameroun

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