Après l'effroi, la stupeur. À Saint-Etienne-du-Rouvray, une question est sur toutes les lèvres : pourquoi ? Pourquoi un tel déchaînement de violence à l'encontre d'un prêtre apprécié de ses paroissiens, réputé pour sa générosité et son sens de l'écoute ? Cette cruauté aveugle laisse les habitants perplexes. Pour de nombreux Stéphanais, la menace terroriste semblait loin, réservée aux grandes villes, à la capitale. Qu'elle s'abatte ainsi sur cette modeste commune de la banlieue de Rouen est un choc supplémentaire.

Cette commune, le père Jacques Hamel y était très attaché.

 Extrêmement dévoué à sa paroisse, le religieux avait refusé de prendre sa retraite à 75 ans, ce qui est pourtant généralement la règle. Sachant l'Eglise confrontée à un manque criant de prêtres, il avait voulu continuer à la servir. C'est en qualité d'auxiliaire qu'il participait à l'office en ce terrible matin du 26 juillet 2016.

 Auguste Moanda Phuati, abbé titulaire de la paroisse, décrit son confrère comme étant un homme "chaleureux, simple et vivant modestement". C'est également l'avis de Mgr Jean-Charles Descubes, ancien archevêque de Rouen. "C'était un homme très attentif aux situations, tout en restant discret", déclare-t-il avec émotion. Même son de cloche du côté de Philippe Benoist, diacre d'une petite commune des environs, pour qui le père Jacques Hamel était "une personne à l'écoute, qui savait trouver les mots pour faire du bien". D'un témoignage à l'autre, les termes sont les mêmes, ou presque : un homme discret, généreux, attentif aux autres.

Un homme paisible et sans histoire, tout simplement.  

 Né en 1930 à Darnétal, en Seine-Maritime, il avait été ordonné prêtre en 1958. Toute sa vie, il l'a consacrée aux autres, à Dieu, à l'Eglise. Un sens du devoir que saluent aujourd'hui ses concitoyens. Le père Jacques Hamel prônait la paix, le rapprochement, au-delà des divergences religieuses. N'aimant ni les clivages, ni les barrières, il s'était lié d'amitié avec Mohammed Karabila, président du Conseil régional du culte musulman de Haute-Normandie. 

Sensible aux valeurs de fraternité et de solidarité, le père Jacques Hamel n'hésitait pas à tendre la main à ses semblables. 

 Pour beaucoup de Stéphanais, il faisait partie du paysage. Il avait marié les parents de l'un, baptisé l'enfant de l'autre, appris le catéchisme à celle-ci, bien connu celui-la. Qu'il disparaisse ainsi, dans des conditions à ce point atroces, paraît à peine croyable. Le 26 juillet, cet homme a été victime de la barbarie, tué lâchement, contraint de s'agenouiller avant d'être égorgé. Et, aujourd'hui, c'est toute une ville qui saigne.  

Terrorisme : tuerie dans l'église de Saint-Etienne-du-rouvray

Quand les croix gammées deviennent de l'art #Etat Islamique #Terrorisme #Société