Comme beaucoup d’entre vous j’imagine, il y a des matins où l’on se lève avec une petite musique dans la tête. Un 'je ne sais quoi' de mélodieux qui contribue bien des fois à ralentir les ardeurs d’un pied gauche, qui dans le cas contraire, n’aurait pas hésité à se précipiter en premier sur le sol. Vous conviendrez aisément que cela ne peut être que particulièrement appréciable ! Si un doute persiste, je vous invite à expérimenter la chose. Vous constaterez de vous-même quelle pauvre journée vous passerez après vous être levé du pied gauche. Je dis ça, je ne dis rien !

 

Ceci dit, et comme je vous le disais donc, il y a des matins où l’on se lève avec une petite musique dans la tête, et ce matin, ce fut, celle d’une publicité. Vous savez, celle de l’ami Ricoré ! Oui, celle-ci : "Le soleil vient de se lever, encore une belle journée et il va bientôt arriver, l'ami Ricoré…". Quand je dis celle-ci, je devrais plutôt dire, la musique qui accompagne les paroles de cette publicité, car pour ce qui est des mots qui raisonnèrent alors dans ma tête, il fut davantage question d’une réinterprétation, que je qualifierai de très personnelle :

 

[Le soleil commence à chauffer,

encore un, ou deux, bourrelets, à congédier,

et pourtant il va arriver,

le bikini étriqué.

Ce n’est certainement pas le moment,

de s’enfiler des tartines beurrées, et des croissants,

car il va bien trop vite arriver,

le bikini étriqué.

Il attise toujours notre humeur,

à l’instant où l’on découvre avec horreur,

qu’il y a bien trop de bourrelets,

pour ce bikini étriqué.] 

 

Eh oui ! Et ce n’est pourtant pas faute de vous avoir dit, qu’un 'je ne sais quoi' de mélodieux contribue bien des fois à ralentir les ardeurs d’un pied gauche. S’il est vrai que ce matin-là, je ne me suis peut-être pas levé du pied gauche, il n’en reste pas moins certain que ce que cette musique éveilla en moi, fut loin de contribuer à ce que je puisse passer une bonne journée, et ce tout simplement parce qu’elle m’imposa de faire un amer constat : Mais qu’est-ce que j’ai bien pu bouffer cet hiver pour ressembler au Bibendum Michelin ? Ceci dit, et à bien y réfléchir, n’étais-je pas plutôt en train de prendre conscience que tout cela n’avait guère d’importance, et qu’il valait bien mieux en rire ?

 

Pourquoi ? Pour qui devrais-je me mettre martel en tête ? Entre vous et moi, j’ai bien un Marcel dans mes relations, mais pas l’ombre d’un martel ! Je ne vois donc pas pourquoi celui-ci, plus qu’un autre, s’inviterait de la sorte dans ma pauvre tête. Plaisanterie à part, n’est-ce pas là la meilleure façon d’aborder ces prochains mois durant lesquels, kilos en trop ou pas, on sera, quoi qu’il en soit, obligé de faire avec ce que la nature a décidé que l’on soit ? 

 

Pourquoi ne pas faire un régime ? Soit ! Pourquoi, pas ! Et lequel ? Je ne veux pas dire, mais de ce côté-là, j’imagine que je n’aurai pas assez d’une vie pour essayer, ne serait-ce que lire tout ce qui a pu être écrit sur le sujet. Alors, vous me croirez ou pas, mais tant qu’à user de mon temps à faire quelque chose, je préfère encore que cela soit en me convainquant que si bourrelets il y a, ils ne sont peut-être que dans le regard qu’une certaine presse désire que l’on porte sur soi-même.

 

Sur les couvertures des magazines, sur les affiches publicitaires, à la télévision, la minceur n’a de cesse de vouloir nous soumettre à son diktat. N’est-ce pas là où le bât blesse ? Ouvrez donc votre Larousse, et vous apprendrez alors qu’un diktat est un : "Traité imposé par le vainqueur au vaincu", ou encore, une "Exigence absolue imposée par le plus fort au plus faible, et n'ayant pour appui et justification que la force". Sommes-nous vaincus ? Sommes-nous les plus faibles ? Non, je ne pense pas, et si d’aventure vous en doutez encore, sachez qu’avec un bon coup de Photoshop, rien n’est impossible, pas même laisser envisager à autrui qu’il puisse être plus faible que ce qu’il est en réalité. #Régime #Bien-être #Société