#Calais et ses abords comptent à présent environ 9 100 migrants économiques ou réfugiés politiques désespérés par leurs conditions de vie, prêts à tout pour passer. Ils payent des passeurs britanniques, français et autres pour les véhiculer, en voitures, fourgons, et même canots pneumatiques. Mais ils ont aussi recours aux tactiques des « coupeurs de route » africains, détrousseurs de moyens ou petits chemins du « goudron » ou des pistes d’Afrique.

Le but n’est pas de s’emparer des biens ou des cargaisons, mais de grimper dans des camions traversant la Manche en ferries, ou empruntant le « Chunnel » ferroviaire.

Voué à l'échec

Tentatives désespérées car la #Police intervient, disperse, et note les plaques des camions qui seront contrôlés plus loin. Mais l’idée, comme lors des franchissements des barrières des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc, c’est de faire nombre, et d’espérer que quelques-uns passeront entre les mailles.

Mais tout est bon pour arriver à cette fin, et les touristes en font aussi les frais. Le Daily Mail a déjà signalé deux cas de Britanniques ayant eu leurs voitures défoncées, vitres brisées, pour les immobiliser. Le 4 août dernier, rapporte le Mail, vers 1 heure du matin, le conducteur anglais d’une Mercedes a vu des migrants brandir des chaînes, des barres de fer, et lancer des cocktails Molotov, former des barrages et couper des arbres projetés sous les roues des transporteurs routiers.

Pour cet automobiliste, ce fut un gros rocher qui percuta sa voiture.

Selon lui, les effectifs de deux fourgons de police sont intervenus pour tenter de repousser une soixantaine d’assaillants. « Ils coupaient des arbres et les incendiaient pour bloquer la chaussée ; la police ne pouvait pas les contenir ». Sa voiture a été dévastée ; il a dû louer un autre véhicule.

La Road Haulage Association, le syndicat des transporteurs britanniques, a demandé à la France de faire intervenir l’armée car gendarmerie, police locale et CRS sont débordés. Divers conducteurs ont été menacés avec des machettes ou des couteaux pour embarquer des migrants au risque de fortes amendes, voire de peines d’emprisonnement.

Cela pose aussi la question de la renégociation des accords du Touquet passés entre la France et le Royaume-Uni, ce que les deux parties se refusent à envisager.

Les dégradations pour couper les voies de circulation endommagent aussi les champs des agriculteurs du voisinage.

Les autorités françaises tentent de limiter l’afflux et de désengorger la zone de Calais en relocalisant réfugiés et migrants et en promettant un statut (accordé ou non par la suite). Les 72 commerces illégaux de la « jungle » devaient être rasés mais le tribunal administratif a débouté la préfecture de sa demande. En fait, la police procède à des confiscations de matériel ou de stocks. Cela incite-t-il les populations à fuir la « jungle » ou contribue-t-il à un regain de tension qui se traduit par des tentatives de barrer les routes et d’embarquer dans des camions ? Les deux hypothèses sont recevables.

Selon Nord Littoral, la zone s’est « densifiée à l’extrême » alors que, selon le ministère de l’Intérieur, plus de 5 000 migrants ont déjà été relocalisés.

Encore un mur

Le syndicat Unsa-Police dénonce la « prise de contrôle de l’A16 » par des groupes de migrants entassant arbres, matelas, poubelles, incendiés. Parfois, des poids lourds sont sabotés, bloquant encore plus le trafic. Puis d’autres groupes embarquent dans les remorques, par dizaines, centaines. Quand les forces de l’ordre interviennent, d’autres petits groupes provoquent des incidents ailleurs, dans l’espoir de mobiliser sur place la police et que les camions ne puissent être tous contrôlés. Cet état de fait dissuade les touristes d’emprunter les ferries entre Calais et Douvres ou l’Eurotunnel. Le Royaume-Uni a financé la construction d’un mur végétalisé de 4 m de haut de part et d’autre de l’accès au port de Calais. Mais les barrages se déplaceront en amont… #Immigration