Deux policières ont été chargées et blessées à coups de machette en plein centre-ville de Charleroi (Wallonie), tout près du commissariat central, par un homme invoquant Allah. Une troisième policière l'a blessé par balles et il est décédé par la suite. C'est vers 16 heures, ce samedi, qu'un homme s'est présenté aux policières en faction à quelques mètres du commissariat. S'approchant pour s'adresser à elles, il a immédiatement sorti d'un sac de sport une machette et porté un première coup au visage de l'une d'elles. Puis il a frappé la seconde à plusieurs reprises mais n'a pu la blesser grièvement. Une troisième policière l'a ensuite visé et blessé. Sa victime tout comme lui ont été évacués à l'hôpital local ou il est décédé.

Évidente intention suicidaire

L'intention suicidaire de cet homme, qui ne serait pas encore identifié, ne fait guère de doute. Jeudi 7 janvier dernier, un individu isolé, armé d'un couteau et portant une ceinture d'explosifs factices avait été aussi tué devant le commissariat parisien de la Goutte-d'Or. Il s'agissait de Tarek Belgacem. Il s'agissait d'un Tunisien qui était cependant porteur d'un papier sur lequel il revendiquait son allégeance a l'État islamique.

Le Premier ministre belge, Charles Michel, se rendra demain dimanche à Charleroi au chevet de la policière. Comme la plupart des villes belges et françaises, la cité du Hainaut est quadrillée par des patrouilles de militaires portant gilets pare-balles, armes de service, appareils de liaison. La #Belgique est placée par son Organe de coordination pour l'analyse de la menace à un niveau trois (sur une échelle de quatre). Le caractère très individuel de l'agression ne devrait pas contribuer à modifier ce niveau d'alerte.

Le commissariat, situé en « Ville Haute », a mi-chemin de la Sambre et de la Porte de Waterloo, sur une rue modérément fréquentée, fait l'objet d'une surveillance avancée. Le parquet fédéral et la #Police nationale belge mèneront les investigations en coordination avec la police locale. 

Les jours de la policière défigurée ne sont pas en danger. Pour le moment, peu après ce énième acte terroriste, contrairement à ce qui se produit en France, les politiques n'ont pas polémiqué à propos des mesures sécuritaires adoptées. Les seules réactions proviennent du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur.

L'attaque à la machette, en Europe, ou au couteau, pour des motivations relevant du terrorisme, devient presque courante depuis décembre 2015.

Il est souvent question de « radicalisation accélérée » ou démence associée à l'influence de la propagande islamiste qui incite à passer à des actes d'agression sans attendre de mot d'ordre ou de collaboration avec des complices.

Un climat de peur diffuse

Les visiteurs des sites de presse belges s'inquiètent de la précarité des mesures sécuritaires mais conviennent qu'on ne va pas pouvoir interdire de sortir de chez soi muni d'un sac de sport... La Belgique a mené divers raids dans les milieux islamistes et réussi à prévenir des tentatives d'attentat. Mais de tels modes opératoires sont imprévisibles et il est très difficile de suivre tous les suspects, quel que soit leur présumé ou établi degré de radicalisation…

Récemment, #Daesh a de nouveau justifié que l'islam permettait de s'en prendre à tout chrétien, juif ou musulman qualifié d'apostat (chiite ou sunnite s'opposant au califat). 

En France, pour des raisons de sécurité, diverses manifestations ont été annulées, comme la célèbre Braderie de Lille, ou mieux sécurisées que par le passé, telle l'opération Paris Plages. La multiplication des actes terroristes contribue à instaurer un climat de crainte.