Alors que le débat est en cours au niveau politique et s’enflamme sur les réseaux sociaux, la légalité des arrêtés anti-burkini est actuellement étudiée par le Conseil d’Etat. La plus haute juridiction administrative française devra trancher sur le conflit juridique qui concerne une trentaine de communes exigeant le port d’une « tenue respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité » au nom de « l’ordre public » sur leurs plages. Après avoir validé deux fois cette interdiction, le Conseil d’Etat procède à un réexamen suite à la multiplication des arrêtés municipaux interdisant le burkini sur les plages. La décision de cet organisme ne fera sans doute pas retomber la polémique sur le burkini et plus globalement sur la place de l’Islam en France.

Des maires ont pris un arrêté estival contre ce maillot qui couvre entièrement le corps

Le maire de Sisco en Haute Corse a pris un arrêté interdisant le burkini sur les plages de sa commune dans le but de « protéger sa population ». Cet acte a été reproduit par les maires de Cannes et Villeneuve-Loubet qui eux aussi ont pris un arrêté interdisant toute baignade habillée au nom de la laïcité. C’est désormais au Touquet que le burkini sera bientôt banni même si aucune ombre de burkini n’a été repérée. Cette mesure selon Daniel Fasquelle a été instaurée à titre préventif pour ne pas que la pratique ne se répande sur les plages de la commune.

Des musulmans marqués par l’ampleur et les conséquences de ces mesures

Plusieurs associations ont défendu leurs intérêts comme la Ligue des Droits de l’Homme ou SOS Racisme. Un recours a d’ailleurs été déposé par l’une d’elles récemment mais rejetée par le Conseil d’Etat. Malgré ce rejet, les associations musulmanes n’entendent pas en rester là. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve craint une « stigmatisation » des musulmans notamment suite à la diffusion des images d’une femme contrôlée sur les plages de Nice portant un simple voile.

Lois anti-burkini : quelles conséquences ?

De nombreuses contraventions visant les femmes voilées sur les plages ont été apportées. Comment arriver à de telles situations ? Au-delà du burkini, les arrêtés pris par les maires visent plus globalement l’ensemble des signes religieux ostensibles. Cependant, ces situations pourraient devenir dangereuses notamment en ce qui concerne l’affirmation des libertés publiques, avec une libération des paroles racistes. En effet, les libertés publiques sont directement concernées. Ces lois pourraient manifester une entrave à la laïcité qui garantit le libre exercice des cultes. Le voile intégral a été interdit en France en 2010 pour éviter les troubles liés à l’ordre public. Néanmoins, porter un « vêtement musulman » n’est pas considéré comme un trouble à l’ordre public.

En effet, le texte de loi de 1905 est censé garantir les libertés individuelles et non les restreindre. Ce débat actuel sur le burkini peut s’expliquer par les différentes conceptions de la laïcité difficilement adaptables au pluralisme grandissant au sein de notre société.

La stigmatisation : une incitation au terrorisme ?

Le conflit autour du burkini risque d’entrainer la stigmatisation d’une partie de la population. Dans le contexte actuel, des nombreux attentats survenus en France, est-il prudent de générer un tel débat ? Diviser la société en exposant un conflit entre les communautés musulmanes et occidentales ne calmera en tout cas pas les dérives actuelles du terrorisme. Le retour du racisme entraîné par ce débat ne facilite pas les choses.

Après la France, la Belgique se pose elle aussi la question de l’interdiction. Au-delà du simple rendu de la décision du Conseil d’Etat, le débat autour du burkini fait ressurgir de nombreuses autres polémiques. #Religion #Société #Blasting News