L'association Smile 13 a privatisé le Speed Water Parc des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône) afin d'y organiser, le 10 septembre 2016, une journée dédiée aux enfants et aux femmes. Et plus particulièrement aux femmes musulmanes. L'affiche présentant l'événement est on ne peut plus claire : le port du bikini est prohibé, celui du burkini ou du jilbeb vivement encouragé. Des recommandations qui font scandale, et ont provoqué une véritable levée de boucliers parmi les élus marseillais, à gauche comme à droite. Nombreux sont ceux qui s'indignent de cette initiative, dénonçant son caractère provocant.

Les réactions hostiles ne se sont pas fait attendre à l'annonce de cette journée burkini.

"Ce type de manifestation à caractère communautariste est particulièrement troublant et je regrette que la direction de ce parc l'ait autorisée" déclare le conseiller PS Stéphane Mari, qui déplore une volonté de repli sur soi. Un avis que partage Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône et maire des 11e et 12e arrondissements de Marseille. "Accepter cette soi-disant mode, c'est conforter le communautarisme dans notre pays, mais c'est aussi une question de dignité de la femme, une question de respect de nos principes fondamentaux" s'insurge-t-elle dans une tribune relayée sur son compte Twitter. Pour Stéphane Ravier, sénateur-maire FN des 13e et 14e arrondissements, cet événement est la preuve d'un scission évidente entre la communauté musulmane et l'ensemble de la population française. "Cette journée islamique démontre qu'un certain nombre de musulmans se coupent volontairement de notre modèle républicain" affirme-t-il. Michel Amiel, sénateur-maire DVG des Pennes-Mirabeau, compte quant à lui prendre un arrêté d'interdiction. Selon lui, cette journée burkini est "susceptible de troubles à l'ordre public". En plus de craindre des débordements, l'élu se dit également "choqué et en colère".

L'association Smile 13 s'étonne de cette polémique.

Mélisa Thivet, trésorière, dénonce une liberté à deux vitesses : "On est dans un pays faussement libre. Certaines femmes ne peuvent pas se baigner dans ce parc en temps normal car elles ont des convictions religieuses ou personnelles et ne souhaitent pas se dénuder devant certaines personnes." Des arguments qui sont loin de convaincre, puisque le scandale suscité par la journée burkini, dépassant les limites de la classe politique, est devenu une véritable indignation populaire. Sur la page Facebook de l'association Smile 13, opposants et défenseurs de cet événement s'affrontent à coups de commentaires injurieux.

Visiblement, la journée burkini n'a pas fini de faire parler d'elle. Quoi que l'on en pense, il est évident que cette initiative est malvenue dans le contexte actuel. Compte tenu du climat politique et social plus que tendu, cette journée dédiée au burkini et au jilbeb ne pouvait être que mal reçue et susciter l'hostilité. Reste maintenant à savoir si cette manifestation sera ou non maintenue.     #actualité #Islam #Société