Depuis Juillet 2005, et le tout premier décès attribué outre-Manche, par un légiste, à l’usage d’un #Taser® par la #Police du West Yorkshire, les cas de décès par arrêt cardiaque induit sont restés limités. L’avant-dernier remonte au 14 Juin dernier, avec la mort d’un ex-vétéran (Afghanistan, Irak) souffrant de troubles post-traumatiques, dans un village gallois. Mais le dernier embarrassera sans doute davantage la hiérarchie policière. Non pas tant parce que la victime est un Noir, mais parce qu’il s’agit de Dalian Atkinson, 48 ans, qui avait donné quelques titres de gloire à un club de Première ligue, Aston Villa, dans les années 1990. Les cas de sportifs de haut niveau tombés dans l’oubli, la misère, et souffrant de troubles divers (dont l’alcoolisme et la toxicomanie) ne sont pas rares. Paul Gascoigne (49 ans), ancien de Boston United, en est l’exemple le plus fameux au Royaume-Uni. Dalian Atkinson était certes moins connu, mais encore célèbre. C’est en cognant contre la porte de son père, après minuit, ce 15 Août, à Telford (Shropshire), criant d'être à la rue, qu’Atkinson est mort en ambulance, deux heures après la survenue de la police, alertée par des voisins.

 

Enquête en cours

Personne ne s’est encore prononcé sur la responsabilité des policiers mais les hommages d’anciens entraîneurs et footballeurs se sont multipliés, vantant la personnalité de l’ancien avant-centre, de nombreuses fois distingué (il avait joué pour Ipswich, Sheffield puis le club de Birmingham après un passage au Real et avant de jouer pour le club turc Fenerbahçe). Sa carrière s’était terminée après avoir joué pour le FC Metz ou Manchester, puis pour des clubs africains et sud-coréens. Depuis 2001, il tentait une difficile reconversion. C’était la première fois que la police intervenait en liaison avec sa personne et c’était le premier incident l’impliquant. Du fait de sa personnalité et de nombreux témoignages nationaux et de proximité immédiate en sa faveur, ce tragique incident aura sans doute des répercussions.

 

Tout comme la France, la Belgique et d’autres pays européens, le Royaume-Uni fait face à des actes terroristes, des agressions motivées par la propagande du califat islamique. En France, les polices municipales ont obtenu ou réclament des armements supplémentaires, les policiers nationaux peuvent conserver sur eux leurs armes de service à toute heure, depuis mi-Juin. On peut se poser la question : les policiers sont-ils suffisamment formés, tant pour faire usage d’armes pouvant être létales que pour évaluer la menace et répliquer de manière appropriée ? On peut aussi se demander si la réserve opérationnelle, pouvant être appelée ponctuellement en renfort, bénéficiera d’une formation poussée. Les policiers peuvent aussi souffrir de troubles divers. Après divers cas à Paris (Juin 2008, Mai 2015) et des incidents moins lourds plus récents (pas de mort, pas de blessés), le dernier en date, à Bastia, a opposé un officier de police et un voisin, se soldant par la mort de ce dernier. Ne revenons pas sur le cas d’Adama Traoré (19 Juillet dernier) puisque les gendarmes n’avaient pas fait usage de leurs armes et que l’éventualité d’une "bavure" est discutée (si ce n’est discutable).

 

On ne pourrait que difficilement attribuer la mort d’Atkinson à une situation de stress de policiers exacerbée par la menace terroriste (l’ex-joueur tapait à coups de pied dans la porte de son père, on ne peut non plus évoquer une intention de tuer en cas de légitime défense). Mais on peut s’interroger : renforcer la sécurité des policiers et gendarmes s’impose, évaluer les risques pour la population tout autant. #Football