Un geste fort qui a provoqué un véritable tollé. S’il y a bien une chose avec laquelle on ne badine pas aux États-Unis, c’est bien avec des symboles comme l’hymne ou le Stars and Stripes. Cela n’a pas empêché Colin Kaepernick de boycotter la chanson The Star-Spangled Banner au moment de sa célébration, afin de protester contre les violences policières envers les Noirs américains.

Kaepernick campe sur sa position

Colin Kaepernick est donc resté sur sa position, dans les deux sens du terme, en demeurant assis alors que tout le stade était debout et tourné vers le drapeau. « Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs ». Cette déclaration, émanant plus du citoyen que du joueur s’inscrit dans la lutte pour le mouvement Black Lives Matters, qui dénonce entre autres les victimes de violences policières. Un mouvement qu’avaient déjà rejoint d’autres sportifs comme les basketteurs LeBron James Dwayne Wade et Carmelo Anthony, et leur homologue féminine Tina Charles. Mais contrairement à eux, l’action de Kaepernick constitue une opposition farouche au symbole du pays.

Une attitude qui divise…

Cette opposition n’a évidemment laissé personne indifférent. Si le club n’a pas accablé son joueur, évoquant la liberté d’expression, d’autres s’en sont chargés, comme bien souvent sur les réseaux sociaux. Des photos et vidéos de maillots brûlés du joueur ont rapidement déferlé. Le candidat républicain à l’élection présidentielle Donald Trump ne s’est également pas privé pour réagir lors d’une interview radio : « Je pense que c’est une chose terrible, (…) il devrait peut-être chercher un pays mieux adapté ». La passe d’armes est engagée, d’autant plus que Colin Kaepernick avait dit de Trump qu’il était « ouvertement raciste ».

… et qui créé des émules

Le (probable) nouveau paria d’une bonne partie du pays ne compte pas modifier son attitude tant que les choses n’auront pas changé. Ce qui n’est pas pour déplaire à d’autres personnes qui le soutiennent. Son premier appui, dans les faits, vient de l’un de ses homologues, Myke Tavarres, qui avait prévu d’imiter Kaepernick avant finalement de se rétracter. Qu’à cela ne tienne, il peut tout de même compter sur des soutiens de prestige : Jim Brown, ancien joueur de football américain, Kareem Abdul-Jabbar, légende des Lakers ou encore Jarett Bell, spécialiste du football américain. Tous l’ont soutenu dans sa démarche. Dans un édito rédigé pour USA Today, Jarett Bell a même affirmé que « quelque part, Muhammad Ali doit être en train de sourire ». Un autre soutien du poids de l'illustre boxeur qui nous a quittés cette année, dans cette affaire qui n’a pas fini de faire couler l’encre. #Politique #Société