Le 8 mars 2014, un Boeing 777 d’une compagnie malaisienne, reliant Kuala Lumpur à Pékin, a brusquement disparu peu après son décollage. La BBC vient d’émettre l’hypothèse qu’il s’agissait d’un crash volontaire. Mais ce scénario n’explique pas toutes les interrogations.

Toutes les communications radio coupées, sauf le modem

Le premier mystère, toujours pas éclairci, est la coupure de toutes les émissions radio alors que l’appareil apparaît encore sur les radars primaires militaires. On peut toujours supposer que les pilotes ont volontairement abaissé les nombreux disjoncteurs des trois émetteurs de radiotéléphonie, de l’identificateur radar (transpondeur) et de la transmission automatique des paramètres à l’organisme de maintenance (ACARS). Mais une telle précaution de la part de gens qui vont se suicider semble bien peu crédible.

D’un « ping » satellite enregistré après l’extinction des émissions, on peut déduire que le modem des transmissions était toujours actif et, par conséquent, électriquement alimenté. Ce qui semble exclure une panne générale. Mais d’un autre côté, au contraire d’autres catastrophes analogues, aucun passager n’a eu le temps d’envoyer un message par son téléphone mobile. Or, l’argument de la BBC est une pièce retrouvée brisée dont un expert croit pouvoir conclure à un choc brutal avec l’eau, volontairement effectué. Ce qui signifierait que les passagers ont eu conscience d’un piqué excessif et le temps d’utiliser leurs mobiles.

Le lithium en accusation

L’hypothèse la plus probable demeure donc un incendie dû à des batteries au lithium. L’appareil transportait dans ses soutes 2,5 tonnes de ces batteries. Or, Boeing avait alerté la communauté aéronautique sur des risques de surchauffe et d’incendie spontané, de la part de ce type de batteries. Si bien que leur transport avait été interdit avec passagers à bord. Les agents des compagnies, dans les aéroports, demandent aux passagers de retirer de leurs bagages, avant de les enregistrer, tout appareil muni d'une batterie au lithium, La compagnie malaisienne est donc de ce point de vue fautive. Néanmoins, les incidents ont été constatés sur des batteries en service, c’est-à-dire connectées à un circuit, et non pas stockées et inactives. Restent alors les batteries en activité dans la soute électronique.

Située sous les pieds des pilotes, la soute électronique est le lieu de rencontre de tous les systèmes électriques, électroniques et informatiques de l’avion. Une surchauffe et un incendie des batteries, précisément présentes dans la soute en question, détruisent inévitablement tout ce qui les entoure. A commencer par les communications radio, les calculateurs et les commandes de vol. De plus, les émanations de fumée sont susceptibles de tuer équipage et passagers en quelques minutes. Ce qui expliquerait l’absence de messages SMS ou vocaux à partir des mobiles des victimes. Reste le « ping » échangé avec le réseau satellite. Le modem a pu demeurer électriquement alimenté pendant quelques minutes, grâce aux alternateurs actionnés par les réacteurs.

Cela demeure du domaine des hypothèses, puisque l’on n’a pas retrouvé les « boîtes noires ». Mais c’est plus crédible qu’un attentat, lequel n’aurait pu être réalisé que par les pilotes eux-mêmes, en raison de la nécessité d’une parfaite connaissance des circuits pour expliquer l’interruption quasi simultanée des émissions radio. #MH370 #Aviation #Asie