On n'est jamais mieux trahi que par les siens. Laurent Fabius voit son fils condamné pour affaires douteuses, c'est au tour du fils de la présidente de l'Île-de-France d'être pris en possession d'une cigarette roulée et chargée, mais aussi d'un bâton de trois grammes de cannabis (du hasz). C'était jeudi dernier, et il a suivi les policiers jusqu'au commissariat du 15e arrondissement parisien. Tant que cela reste sur une page du site BuzzFeed News, « passe encore ». Mais voilà, Le Parisien-Aujourd'hui en France a repris le fait divers. Qui n'aurait qu'une portée très limitée si... maman Valérie n'avait pas fait un sacré foin sur les mesures de lutte contre le #cannabis qu'elle entend mettre en vigueur, en particulier dans les milieux scolaires. 

Placé en garde à vue

Selon Le Parisien, le parquet de Versailles avait décidé le placement en garde à vue de Clément Pécresse. Contactée, la présidente régionale « demande le respect de la vie privée pour mon fils majeur et pour ma famille, La loi s'applique à lui comme elle s'applique à tous... Cela ne fait que renforcer ma détermination à lutter contre le fléau de la drogue. ». Qu'elle se rassure, nous n'allons pas traquer la petite ou le petit ami·e du jeune Clément... pour lui demander si ce dernier était un consommateur occasionnel, régulier, frénétique,et si sa maman le savait. Mais la sénatrice EELV Esther Benbassa n'a pu s'empêcher de twitter : « j'invite cordialement #Valérie Pécresse et son fiston au colloque que j'organise le 10 octobre sur la #légalisation du cannabis ». Ce sera salle Clémenceau, au Palais du Luxembourg (au Sénat), en présence de Didier Jayle, professeur d'addictologie du Cnam (Arts & Métiers), et du professeur Henri Bergeron, de Sciences Politiques. L'inscription est obligatoire avant le 5 octobre (cherchez...).

Pris la main dans le pochon

Le Parisien a titré « la boulette du fils », Marianne « pris la main dans le pochon », BFMTV en a rajouté, et de toute façon, l'initiative de la présidente régionale, qui voulait fournir des tests salivaires de dépistage dans les établissements scolaires volontaires a fait un flop. Le préfet de région a envoyé début juillet à la présidente un courrier lui demandant de renoncer à ces tests. Mais elle veut persister. En cause, et ce n'est pas tout à fait faux, en tout cas pour divers collégiens et lycéens, la consommation de cannabis favorise le décrochage scolaire. Alors en campagne électorale, elle proclamait « si un lycéen refuse, il sera considéré positif ». Selon sa vice-présidente, Agnès Evren, dix pour cent des jeunes d'Île-de-France fumeraient plus d'un joint par jour. 

Faible progression

L'Observatoire français des drogues et toxicomanies a rendu récemment un rapport selon lequel la consommation d'alcool et de tabac régresserait fortement chez les lycéens et que celle de cannabis resterait stable (ou progresserait très faiblement). Le cannabis ne serait régulièrement consommé que par 7 % de la classe d'âge considérée par l'OFDT. Mais plus de la moitié des élèves des terminales (54 %) tenteraient encore d'essayer au moins une fois. 6 644 lycéens français avaient été interrogés au printemps 2015.