Diana Quer, 18 ans, 20 jours après sa disparition de sa résidence estivale proche de La Corogne, fait encore des gros titres dans la presse d’#Espagne et du Portugal. Ce n’est, ce ne sera pas l’équivalent ibère de la très française, et internationale « affaire du petit Grégory » (oct. 1984), mais l’intérêt reste fort. Et puis, si son corps violenté était retrouvé, ou si elle était vue au bras d’on ne sait qui, allez savoir. La jeune femme, en vacances avec sa mère, une Madrilène d’origine hispano-argentine, et sa jeune sœur, a disparu. Hier encore, une nième battue était organisée dans un rayon de 20 km. Réservée aux spécialistes et chiens policiers, alors qu'auparavant, les volontaires affluaient. Des versions contradictoires de ses faits et gestes, l’évocation du divorce de ses parents, le fait que son père ait obtenu depuis la disparition la garde de Valeria, sa cadette, ont fait monter en puissance la presse locale, nationale (catalane incluse), puis portugaise. Une page Facebook dédiée est chaque jour alimentée.

Circonstances et profil inquiétants

Le 21 août au soir, avec des amies, elle se rend à la fête locale de la Vierge del Carmen dos Pinxeiros. Vers 02h30, elle rentre se changer. Vers 4 heures du matin, la localisation GPS situera son portable dans la zone de la battue d'hier. Elle est munie de clefs du logis, mais d’aucun papier d’identité, ni d’autre ressource que le reste de monnaie d’un billet de 20 euros. Elle apprenait à conduire, l’hypothèse qu’elle ait « emprunté » un véhicule paraît très faible. Qu’elle soit montée à bord d’un autre a été évoqué. Lors des fêtes, le petit village de Pobra de Caramiñal (moins de 10 000 h) double sa population. Les images des caméras de surveillance de toutes les rues de la localité et de ses voisines ont été examinées, en vain. Au fur et à mesure, la presse a déniché des détails. Ainsi, mère et filles se seraient fortement disputées quatre jours auparavant ; Valeria, 16 ans, et sa mère piquent une crise de nerf puis se rendent dans un centre de soins. En fin de première semaine, la fugue adolescente reste évoquée. Les circonstances restent mystérieuses, le profil de la jeune femme, minois agréable et bien faite, laissent envisager un rapt suivi de… et peut-être du transport de la dépouille vers une destination lointaine.

14 000 disparitions par an

Moins qu’en France (150/jour ; 50 000 mineurs à l’année ; chiffres 2014), l’Espagne connaît un taux de disparitions important. Un fichier central n’est en service que depuis deux ans. En 2015, près de 25 000 disparitions ont été recensées (et près de 15 000 depuis le début de cette année), et 1 270 enquêtes un peu plus approfondies menées (dont celle concernant Diana Quer). El Pais a mis en exergue une demi-douzaine de cas très récents considérés inquiétants. Peu font l’objet d’une médiatisation. Mais dans le cas d’une jeune femme attractive, dont on dispose de photos attrayantes (Diana fréquentait sans doute des blogues-notes de « modeuses » et autres), l’intérêt est supérieur. Par ailleurs, non seulement des volontaires se sont mobilisés, mais comme le suppose l’entourage du président de la section ibère de la Fondation européenne pour les #Personnes disparues, le fait que le père, Juan Carlos Quer, soit devenu un promoteur immobilier de la capitale, aurait influé car « il aurait des relations haut placées ». Des signalements auraient aussi été faits aux polices italienne et grecque. Ce samedi, ABC et d’autres titres faisaient état du fait que la battue « ne cherchait pas tout à fait au hasard » et qu’une unité spécialisée, formée de criminologues et de psychologues, aurait commencé « à profiler un possible suspect ». Car vers 02 :40, elle utilisait WhatsApp pour signaler à une copine « qu’un gitan » (en fait, un forain) l’abordait, disant « Eh la brune, viens par-là. ». Mais pour El Español, la Guardia Civil maintient toute la gamme des hypothèses, « de la séquestration à la disparition volontaire ». Contradictoire. #statistiques