Cela semble dérisoire, et ce l’est sans doute. Le #Royaume-Uni va financer, pour près de 2,5 millions d’euros, un mur de béton de quatre mètres de hauteur s’étendant sur près de 1,5 km entre la "Jungle de #Calais" et l’A16 desservant le port de Calais. Le mur se substituera à une barrière métallique devenue inefficace. Mais, de fait, les #Migrants voulant gagner Dover, désormais en agissant tels des "coupeurs de route", barrant les voies avec des arbres, lançant des parpaings sur les voitures (pour bloquer le trafic et monter dans des camions), pourront toujours le faire en amont. Les incidents se sont multipliés ces dernières semaines : des voitures ont été immobilisées par des jets de projectiles contre les pare-brise, des arbres abattus placés sur les voies. Lundi, des camionneurs, pour protester, ont bloqué l’A16. Le ministre français de l’Intérieur promet de démanteler – une fois de plus – la "Jungle de Calais", de créer des centres d’hébergement ailleurs en France afin que les migrants puissent postuler au statut de réfugié – parcimonieusement accordé – et désengorger Calais. Comme ses prédécesseurs, il obtiendra peut-être un répit, mais les campements se reformeront, indubitablement…

 

De Paris à Calais

En fait, s’il fallait construire une muraille, elle devrait s’étendre de L’Isle-Adam, près de Paris, au port de Calais, et border les deux côtés de l’autoroute. Cela impliquerait un coût faramineux, de surmonter de très fortes contraintes, sans être sûr que des migrants ne tenteraient d’appliquer leurs méthodes agressives sur les N 184 et 104 menant à l’autoroute. La population de la « jungle » est désormais estimée à 10 000 personnes et c’est sans décompter celles disséminées aux alentours. Environ toutes les six minutes, un ou des migrants tentent de s’introduire sous ou dans des remorques pour emprunter le Chunnel ou passer sur des ferries. Les agressions d’automobilistes, visant à immobiliser les véhicules particuliers, et par conséquent les camions survenant derrière, sont devenues quotidiennes, plusieurs fois par nuit. Les interventions des forces de l’ordre ne permettent pas de contrôler toutes les files des camions temporairement bloqués. Le mur sera certainement plus résistant que la barrière métallique, mais insuffisant, et les autorités britanniques en sont conscientes. Le ministre en charge de l’Immigration, Robert Goodwill, en convient : "il restera beaucoup à faire". Une aire de stationnement sécurisée pour 200 poids lourds sera aussi aménagée. Aucun syndicat de transporteurs ou chauffeurs de poids lourds, de part et d’autre de la Manche, ne s’en satisfera.

 

Pestiférés d’ailleurs

Qu’on l’admette avec réticence ou le récuse en le déplorant ou véhémentement, force est de constater que les migrants et réfugiés, certains de ces derniers ayant par exemple collaboré avec les forces françaises et britanniques en Afghanistan, sont devenus des "pestiférés". Lors des grandes pestes, les victimes étaient souvent chassées de villes, parfois éliminées à vue si elles tentaient d’approcher les bourgs ou villages. Il y a bien sûr des solutions – limitées – alternatives, comme accueillir en zones rurales, placer des mineurs dans des familles d’accueil, etc. Tous les gouvernements européens, avec plus ou moins de bonne volonté, tentent à la fois d’endiguer l’afflux et de dégager des solutions de moindre mal. Mais l’attractivité de la Grande-Bretagne reste telle que, quoi qu’on fasse, le problème persistera à Calais ou Dunkerque, voire à Roscoff, Cherbourg, Saint-Malo, Le Havre… Et aucun gouvernement ne veut prendre des mesures que son opposition dénoncerait comme un "appel d’air" encourageant des migrants à demander refuge sur le territoire qu’il régit. Un mur de plus ou de moins n'y changera rien, et pour des raisons parfois antagonistes, l'opinion britannique critique fortement une dépense dont le retour sur investissement semble à l'avance très minime.