La fondation #jérôme lejeune a déclenché une nouvelle polémique sur internet. En effet, si les mouvements pro-vies ont peu d’impact visible en France, ils restent très actifs sur internet et par téléphone en créant des numéros verts qui dissuadent fortement les femmes d’avorter tout en ne revendiquant pas leur opinion profonde lorsque ces dernières, dans la détresse le plus souvent appellent pour, pensent-elles, recevoir des informations fiables. Cette fois, la polémique s'abat autour d'un "Manuel Bioéthique" diffusé dans les lycées privés catholiques.

 

Une brochure anti-IVG devenue virale

La fondation Jérôme Lejeune propose une brochure destinée aux adolescents, le "Manuel Bioéthique des jeunes". Un dessinateur a partagé des photos et des extraits de ce manifeste défendant les bonnes mœurs et les propos moyenâgeux. Exit, la liberté d’une femme à disposer de son corps, le discours est ouvertement culpabilisant. L’embryon devient un enfant, ou un bébé, l’#avortement est mis au même niveau que l’homicide, et la femme, même en cas de viol se retrouve comparée à une criminelle. "Le criminel doit être puni, mais pourquoi l'enfant, lui, innocent, subirait-il la peine de mort que ne subira pas le criminel ?". Les moyens de contraception aussi sont attaqués, et mis au même niveau que la pratique d’un #ivg, ce qui est faux. "Le stérilet et la pilule du lendemain peuvent provoquer des avortements quand ils empêchent la nidation de l'embryon". Il est important de noter qu'on ne parle que très rarement d'embryon et majoritairement d'enfant. Qu'une des photos d'une femme enceinte en filigrane est légendée "Camille et son bébé." Tout est inversé, et le corps, le choix de vivre, ou non une grossesse qui devient une obligation. Etre enceinte est forcément heureux. Et quelle que soit la raison, rien ne doit justifier l'avortement, y compris lorsque ce dernier est pour raisons médicales.

 

"Ce qui est légal n’est pas forcément moral"

Dernière phrase d’un des paragraphes consacrés à la notion de choix. Est-ce réellement moral d’imposer une telle culpabilisation à une jeune fille qui a fait ce choix ou qui s’apprête à le faire ? L’IVG, ce n’est pas quelque chose qu’on fait par gaieté de cœur, c’est une décision difficile, ce n’est pas un jeu. Les échecs de contraceptions existent, l’insouciance dans le feu de l’action de se dire, "pour une fois tant pis  est aussi possible. L’avortement est une solution, pas forcément la plus joyeuse, pas forcément celle qu’on souhaiterait, mais elle est une solution pour des milliers de femmes qui n’ont pas à supporter des remarques, ou des réflexions qui n'ont d'autre but que de les culpabiliser et leur faire du mal. Alors oui, cette brochure est malheureusement légale mais morale, la question se pose. Elle n’a rien à faire dans un CDI de Lycée, tant bien même serait-il privé et Catholique, parce que cette brochure, n’a pas que pour but d’être contre l’avortement. Sa fin est belle et bien la culpabilisation et la diabolisation des femmes ayant avorté.

Les arguments massues ne s’arrêtent pas là, après avoir été trainées dans la boue et traitées de criminelles, les femmes deviennent dangereuses pour la paix. "L’avortement rétablit le droit du plus fort. Accepter l'avortement est contraire à la paix". Quelle est la crédibilité de cette phrase ? Les femmes ayant avorté ont-elles une propension plus développée à la violence ? Le sous-entendu derrière est terrifiant. Une chose est sûre, c’est qu’en France, le droit à l’avortement continue d’être menacé, les comités anti-IVG ne font pas pression sur l’Assemblée pour faire voter une loi interdisant l’avortement comme c’est le cas actuellement en Pologne, ils n’incendient pas des cliniques comme de l’autre côté de l’Atlantique, non. Ils avancent de façon insidieuse, espérant rogner de plus en plus sur les libertés individuelles.